login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10738
INSTITUTIONNEL / (ae) budget

échec du Sommet, réactions au vitriol du Parlement européen

Bruxelles, 26/11/2012 (Agence Europe) - C'est avec acrimonie, notamment envers David Cameron, que les groupes parlementaires ont accueilli la nouvelle de l'échec du Sommet européen extraordinaire des 22 et 23 novembre qui aurait pu doter l'Union d'un budget pluriannuel de 2014 à 2020. Les commissaires européens chargés de la politique agricole commune (PAC) et de la cohésion soulignent l'urgence d'un accord pour la préparation des programmes.

Échec ou porte ouverte ? Le président du Parti populaire européen, Joseph Daul (français) a déclaré de but en blanc que « l'Europe et ses citoyens ont été sacrifiés. L'échec des négociations sur le futur budget à long terme de l'Union européenne est une honte ». Le prochain round sur le Cadre financier pluriannuel devrait être la dernière chance pour un budget « d'un montant suffisant pour relever les défis du futur ». Par conséquent son groupe appelle « le président du Conseil européen et les États membres à penser à la croissance et à l'emploi avant de faire des coupes dans des politiques qui constituent de véritables moteurs d'investissement. Lors du prochain Sommet européen, nous attendons des États membres une attitude plus responsable et un engagement plus ferme en la matière ». Plus modéré, son homologue du groupe des socialistes et démocrates, Hannes Swoboda (autrichien), adopte une approche optimiste. Il voit dans l'échec des négociations, vendredi, « un premier pas vers un budget raisonnable pour la croissance ». Il explique que « maintenant les chefs d'État ont l'opportunité de démarrer les discussions à propos du contenu, et pas uniquement des chiffres ».

Les Verts et les libéraux critiquent, eux, surtout le marchandage auquel se sont adonnés les chefs d'État fin de semaine dernière. Guy Verhofstadt, chef de file de l'ADLE, n'hésite pas à qualifier ce Sommet de « bazar turc où le troc fait partie du jeu et où les conséquences financières sont négligeables mais tout le monde doit en ressortir avec le sentiment qu'il a fait une bonne affaire ». En effet, il rappelle que « les sommes pour lesquelles on se bat à Bruxelles sont infimes en comparaison de ce que les États membres dépensent chez eux pour l'administration publique ». Les Verts, pour leur part, déplorent surtout que ce marchandage ait eu pour conséquence « l'établissement de priorités totalement erronées. Ce qui est désormais sur la table est un budget rétrograde, qui ne réussira pas à capitaliser sur le potentiel du budget européen comme instrument pour stimuler l'économie », déclarent les co-présidents du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit (français) et Rebecca Harms (allemande).

La porte-parole des Verts sur le budget Helga Trüpel (autrichienne), promet que son groupe « fera pression pour être sûr que les eurodéputés n'approuvent pas un compromis contre-productif et bricolé ». Joseph Daul (PPE) rappelle en effet que « le Parlement européen a indiqué qu'il s'opposera aux tentatives des États membres de s'entendre entre eux derrière des portes closes, en allant à l'encontre des intérêts des citoyens européens. La proposition finale devra être validée par le Parlement européen ».

Remarques à Cameron. Les chefs de file attribuent aisément l'échec du Sommet au manque de bonne volonté des leaders européens, et n'hésitent pas à s'en prendre au Premier ministre britannique, David Cameron. Joseph Daul se dit « déçu » que l'échec soit dû à des « mythomanes et eurosceptiques dominant les négociations. Plutôt que de travailler aux bénéfices à long terme qu'apporte l'Europe, certains États membres préfèrent le gain de courte durée d'une montée dans les sondages d'opinion ». Pour le libéral Verhofstadt: « M. Cameron et d'autres devraient enlever leurs œillères et réaliser que les vrais bénéfices de l'Union sont d'une part d'économiser des ressources et d'autre part d'augmenter leur poids politique et économique dans le monde. » Quant à Hannes Swoboda, il adresse directement ses coups de semonce à M. Cameron: « S'il n'est pas prêt à travailler de manière constructive avec ses partenaires pour un budget raisonnable, alors les leaders européens devraient sérieusement considérer l'option de travailler avec des budgets annuels sans lui, bloquant tous les accords possibles et raisonnables. » La présidente de la commission parlementaire au développement régional, Danuta Hübner (PPE, polonaise), espère que le Conseil européen de décembre permettra de faire évoluer la position britannique.

Impatience pour la PAC et la cohésion. En matière de politique de cohésion, elle reste optimiste, jugeant que ce volet ne devrait plus être la victime des prochaines coupes, car lors du Sommet, la plupart aurait admis qu'il faut garder « l'esprit de cohésion », porteur de croissance et d'emploi.

Néanmoins, ce qui inquiète à la Commission, pour cette politique et la PAC, c'est que l'horloge tourne. Le commissaire à la Politique régionale, Johannes Hahn, martèle que « nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Les préparations des programmes sont en cours et un cadre financier clair et stable est nécessaire. Il est temps de fournir des résultats rapidement ». Le président du Comité des régions, Ramón Luis Valcárcel, ajoute que « l'incertitude à propos du prochain budget risque de créer de sérieux problèmes pour les autorités locales et régionales qui se dépêtrent pour soutenir la reprise économique », soutenant que celles-ci ont besoin de financements adéquats. Même sentiment d'urgence pour la politique agricole commune, le porte-parole du commissaire Dacian Ciolos explique qu'il est « important de mettre fin à ce climat d'incertitude au plus vite, afin que l'on puisse finaliser la prochaine réforme de la PAC. Cette absence de clarté budgétaire pour la prochaine période pèse sur le secteur ».

Les présidents du Conseil et de la Commission ont reçu un mandat pour continuer les travaux et les consultations à propos du cadre financier pluriannuel. Herman Van Rompuy se dit confiant qu'un accord pourra être trouvé en début d'année prochaine, plus vraisemblablement lors d'un Conseil européen en janvier. (MD)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ÉDUCATION - CULTURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE