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Bulletin Quotidien Europe N° 10738
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Viabilité de la dette grecque, les dix-sept espèrent l'épilogue

Bruxelles, 26/11/2012 (Agence Europe) - L'Eurozone et le FMI faisaient leur possible, lundi 26 novembre, pour aboutir à un accord sur la viabilité de la dette grecque et remettre le 2ème sauvetage grec sur les rails plus de six mois après sa mise au point, même si l'échéance du 3 décembre était aussi évoquée.

À son arrivée à la 3ème réunion de l'Eurogroupe en 2 semaines, la ministre autrichienne Maria Fekter a évoqué une « volonté sérieuse » de mettre un point final à ce chapitre, tandis que le Français Pierre Moscovici a estimé à « 95% » les chances que cette rencontre soit enfin « conclusive », « tous les paramètres de la solution » étant sur la table. Le Commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a encouragé les Européens et le FMI à parcourir la distance qui les séparait encore d'un terrain d'entente, duquel les deux parties paraissent « si proches ». Pour le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, cela enverrait un « message de confiance, non seulement pour la Grèce, mais pour toute la zone euro ».

Afin d'avancer sur ce dossier, les Dix-sept ont tenu une vidéoconférence pendant le weekend, lors de laquelle ils auraient dégagé « une position commune », selon Michael Noonan, le ministre irlandais des Finances. L'Eurozone entendait donc défendre cette position et tenter de trouver un terrain d'entente avec le FMI. Les divergences entre les deux créanciers de la Grèce portent principalement sur la manière de remettre la dette publique grecque sur une trajectoire soutenable et sur des questions liées au calendrier.

OSI or not OSI ? Le FMI est partisan d'une décote sur la valeur nominale des titres grecs détenus par les créanciers publics ('participation du secteur public' ou 'official sector involvement'). Soutenue par plusieurs pays du Nord de l'Europe, l'Allemagne a d'entrée de jeu affiché son hostilité à cette option. Son ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, l'a d'ailleurs réitéré à son arrivée à Bruxelles. Selon lui, il est en effet exclu que les pays de la zone euro acceptent une telle décote tout en offrant, au même moment, de nouvelles garanties. L'Allemagne considère que cette option enfreindrait le traité européen qui interdit aux États membres d'assumer une partie de la dette d'autres États membres. Pour Mme Fekter, l'option d'un 'OSI' ne figurait même pas « à l'agenda » de la réunion des Dix-sept, le scénario selon lequel les contribuables européens essuieraient des pertes sur les prêts accordés à la Grèce étant, selon elle, rejeté par tous les pays.

La semaine dernière, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, n'avait pourtant pas exclu un éventuel 'OSI' après 2015 comme une mesure visant à récompenser les Grecs pour les réformes effectuées.

La solution à la viabilité de la dette grecque proviendra de la combinaison de plusieurs options. C'est la « solution crédible » qu'a espéré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Sont sur la table les mesures suivantes: - la diminution des taux d'intérêts sur les prêts consentis à Athènes actuellement fixés à 150 bp ; - le remboursement des profits engendrés sur ces prêts par la BCE ; - le rachat à prix cassés par Athènes d'une partie des 50 à 60 milliards d'euros de titres de dette encore détenus par des investisseurs privés, via les fonds européens de sauvetage.

120 % en 2020 ? Le 2ème plan de sauvetage d'Athènes prévoit la réduction du ratio dette/PIB à 120% en 2020. Aucun ministre n'a commenté la question à son arrivée à Bruxelles même si l'Eurozone semblait prête à repousser l'échéance à 2022. L'objectif de 124% du PIB en 2020 était aussi évoqué, selon Reuters.

Une fois un terrain d'entente trouvé sur ces questions, les Dix-sept procéderont au versement de la prochaine tranche d'aide dont l'enveloppe pourrait atteindre 44 milliards d'euros.

Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a rappelé que son pays s'était acquitté de sa tâche, notamment via la mise en œuvre des 89 actions prioritaires réclamée par ses créanciers. M. Stournaras s'attend à ce que ses partenaires européens tiennent à leur tour leur engagement. Ces propos font écho à ceux tenu par M. Moscovici, qui a estimé que le moment était venu pour la zone euro de « prendre ses responsabilités ». Aux yeux de M. Rehn, il est en effet important de prendre cette décision rapidement, afin de « mettre un terme à l'incertitude qui plane toujours au-dessus de la Grèce ».

Une source européenne rappelait toutefois que cette décision, avant d'être officiellement entérinée par l'Eurogroupe, devrait recevoir l'aval de certains parlements nationaux. Selon cette source, la réunion de ce lundi devait aboutir à un premier accord politique, avant une annonce formelle sur le déblocage de la prochaine tranche d'aide à l'issue de l'Eurogroupe du 3 décembre.

Selon Mme Fekter, les Européens étaient en mesure de prendre une décision sur la tranche dès lundi soir. Selon la 'twittosphère', le Premier ministre grec, Antonis Samaras, aurait remis la pression sur ses homologues en mettant en garde contre le risque d'effondrement de la coalition gouvernementale si une décision n'intervenait pas au plus vite. Rappelons que la Grèce a emprunté 5 milliards d'euros à très cour terme (1 mois minimum) afin d'honorer une échéance de dette mi-novembre, et les Européens se sont engagés publiquement à ne pas laisser Athènes faire défaut. (EL)

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