Bruxelles, 26/11/2012 (Agence Europe) - Natura 2000, le réseau paneuropéen de sites naturels protégés, s'est enrichi de près de 25 000 km² d'espaces inestimables, a annoncé la Commission européenne lundi 26 novembre, après avoir approuvé formellement l'inclusion de 235 sites proposés par 20 États membres de l'UE pour être reconnus comme « sites d'importance communautaire ».
Les États membres qui ont contribué à cette extension du réseau (parmi eux le Royaume-Uni, la Roumanie, la Lettonie, l'Italie, la Suède, la Bulgarie, le Danemark, la France, la Slovaquie, l'Estonie et Malte se taillent la part du lion) disposeront de six ans pour mettre en place les mesures requises pour protéger ces sites au titre de la législation de l'UE - la directive 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, dite 'Habitats', et la directive 2009/147/CE, dite 'Oiseaux sauvages'. Cette extension couvre les neuf régions biogéographiques du réseau - la région alpine, la région atlantique, la région de la mer Noire, la région boréale, la région continentale, la région macaronésienne, la région méditerranéenne, la région pannonique et la région steppique. Le réseau Natura 2000 couvre désormais 768 000 km² (17,9 %) des terres émergées de l' UE et plus de 217 000 km² (+/- 4 %) de ses mers et océans.
Janez Potocnik, commissaire européen à la protection de l'Environnement, salue cette nouvelle « contribution significative à la protection du patrimoine naturel de l'Europe ».
Le Dogger Bank (12 330 km²), un bassin maritime peu profond désigné par le Royaume-Uni, représente l'ajout le plus important. Ce bassin comporte des bancs de sable immergés et crée, avec les sites adjacents de l'Allemagne et des Pays-Bas, un grand site Natura 2000 transfrontalier de plus de 18 000 km². Ses habitats de bancs de sable très productifs constituent d'importantes zones de frai et d'alevinage pour de nombreuses pêcheries commerciales. La désignation facilitera la gestion coordonnée de la zone par les États membres concernés en vue d'élaborer des mesures adéquates.
Dans la région de la mer Baltique 10 nouvelles zones marines de près de 4 000 km2, désignées par la Suède et la Lettonie constituent un ajout majeur. Ces sites comprennent des habitats de bancs de sables et de récifs qui abritent de nombreuses espèces et constituent des zones d'alimentation vitales pour les phoques et les poissons migrateurs. Le pays qui a apporté la plus grande contribution par rapport à sa taille est Malte, avec 183 km2 de zones marines à présent désignées, ce qui crée la base nécessaire à un solide réseau marin dans les eaux avoisinantes. Les nouveaux sites marins maltais favoriseront la conservation des herbiers de posidonies et des récifs submergés, et ils offrent un habitat crucial pour le gibbula nivosa, une espèce d'escargot de mer aux couleurs vives, trochidé endémique de Malte.
C'est en Roumanie qu'a eu lieu la plus grande extension du réseau terrestre, avec l'ajout de 109 sites et l'élargissement de nombreux sites existants recelant un large éventail de prairies et d'habitats forestiers essentiels pour de nombreuses espèces rares et menacées (chauve-souris et amphibiens). Associés à d'autres sites proposés par la Bulgarie et la République slovaque, ces sites roumains permettront de mieux protéger la faune piscicole endémique du bassin du Danube. (AN)