La demande d'énergie progressera de 35 % d'ici 2035, estime l'AIE. - Selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la consommation énergétique mondiale devrait encore croître de 35 % d'ici à 2035, malgré un ralentissement de la croissance économique de 1,6 % par an sur la période 2010-2020 et 1 % par an sur la période 2020-2035. Les économies d'énergie enregistrées dans différents pays (Europe, États-Unis, Japon et Chine) ne devraient pas suffire à compenser la forte demande qui se profile. Les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), qui représentent aujourd'hui 81 % de la consommation globale, continueront d'assurer l'essentiel des besoins (75 % en 2035). Et le pétrole restera la principale source d'énergie, malgré une diminution légère de 32 % aujourd'hui à 27 % dans vingt ans, tiré notamment par la demande liée au transport. Le parc automobile devrait en effet doubler d'ici à 2035 et le transport routier de marchandises continuer d'augmenter rapidement. À lui seul, ce dernier représentera 40 % de la hausse de la demande énergétique. Celle-ci sera malgré tout freinée par le prix de l'or noir qui restera élevé: l'AIE table sur un prix de 125 dollars le baril en 2035 contre 110 dollars environ aujourd'hui. Sans surprise, ce sont surtout les pays émergents qui tireront la croissance de la demande, surtout la Chine qui représente à elle seule 33 % de l'augmentation prévue par l'AIE. Avec une hausse de 60 % de sa consommation énergétique entre 2010 et 2035, ce pays consolide sa 1ère place au rang des pays énergivores, loin devant les États-Unis, numéro deux. Le pays utilisera toute la gamme d'énergies disponibles: pétrole, gaz, nucléaire et énergies renouvelables. L'Inde, 3ème pays consommateur, est le 2ème pays contributeur à la croissance de la consommation énergétique. Sa consommation va en effet doubler d'ici 2035, avec une combinaison énergétique restant dominée par le charbon. Tiré par un développement rapide et le renouveau politique en Irak, le Moyen-Orient devrait lui aussi largement contribuer à la croissance. Par ailleurs, toujours selon l'AIE, les États-Unis deviendront vers 2020 le 1er pays producteur de pétrole en 2020, devant l'Arabie Saoudite, une situation qui leur permettra de réduire leur dépendance au pétrole importé de 50 % aujourd'hui, à moins de 30 % en 2035. Devenu importateur net de pétrole depuis 1940, le continent nord-américain dans son ensemble renversera la donne et deviendra exportateur net vers 2030. À l'heure actuelle, les États-Unis importent toujours 20 % de leurs besoins énergétiques, mais la situation a changé avec la découverte de gaz et de pétrole de schiste, exploités depuis la fin des années 2000. La production de brut aux États-Unis a ainsi grimpé de 6,9 à 8,1 millions de barils par jour entre 2008 et 2011 (y compris les gaz naturels liquides), estime l'AIE. À titre de comparaison, la production de l'Arabie saoudite s'est élevée à 11,1 millions de barils par jour en 2011. Un niveau que les États-Unis devraient atteindre avant 2020, avant de décliner à partir de cette période jusqu'à environ 9 millions de barils en 2035. En matière de pétrole non conventionnel (gaz et pétrole de schiste), les ressources aux États-Unis sont estimées à 35 milliards de barils, mais leur exploitation reste controversée notamment en Europe. Sur ce terrain, si la croissance de la production américaine se poursuit sur sa lancée, non seulement l'industrie américaine continuera de gagner en compétitivité, grâce au prix réduit de l'énergie sur son territoire, mais les relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient s'en trouveraient bouleversées, estime l'AIE. L'agence prévoit qu'en 2035, l'Asie absorbera 90 % des exportations en provenance du Moyen-Orient. (IL)