Bruxelles, 20/11/2012 (Agence Europe) - Saluant l'accord du 11 novembre entre les groupes d'opposition syriens et en particulier la formation de la Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept ont annoncé, lundi 19 novembre, que « l'UE considère (la coalition) comme représentante légitime des aspirations syriennes ». La Haute représentante pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a précisé que tous les États membres s'accommodent de cette formulation, et qu'il ne faut pas « sous-estimer » la puissance des termes retenus et « la volonté de coopérer avec la Coalition ».
Selon plusieurs diplomates, la Coalition est l'interlocuteur le plus important, mais il n'est pas exclusif. « Tout le monde est d'accord pour une reconnaissance à terme, mais il demeure des nuances », a résumé le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. Des ministres attendent que la Coalition, créée le 11 novembre, fasse ses preuves avant de la reconnaître. Le Belge Didier Reynders a indiqué qu'il y a peu de Kurdes, pas d'alaouites et pas de membres du gouvernement ayant déserté dans cette Coalition. La France a, elle, proposé que des membres de la Coalition soient invités au prochain Conseil des Affaires étrangères prévu le 10 décembre, « symbole important » pour le ministre Laurent Fabius et idée soutenue par la Belgique.
Dans leurs conclusions, les ministres précisent que l'accord obtenu à Doha représente « une étape majeure vers la nécessaire unité de l'opposition syrienne ». Ils expliquent que l'UE « se réjouit que cette nouvelle coalition continue à travailler sans exclusive, en souscrivant aux principes des droits de l'homme et de la démocratie, avec la participation de tous les groupes de l'opposition et de toutes les sections de la société civile syrienne ». Selon le Conseil, l'UE est prête à soutenir cette coalition dans ses efforts et ses relations avec la communauté internationale et l'encourage à s'engager avec le Représentant spécial et à pousser son programme pour une transition politique en vue de la création d'une alternative crédible au régime actuel.
Le président de la Coalition, qui réunit 14 groupes, Ahmad Moaz al-Khatib, a annoncé lundi que son siège serait en Égypte. Les groupes islamistes armés, Liwaa al-Tawhid et le Front al-Nosra ont refusé cette Coalition.
À noter que le Royaume-Uni a reconnu mardi la Coalition comme seul représentant légitime du peuple syrien, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, William Hague.
Embargo sur les armes prolongé
Plusieurs sources européennes ont confirmé à EUROPE que toutes les mesures restrictives contre la Syrie, dont l'embargo sur les armes, vont être prolongées « dans les prochains jours » pour douze mois. Ces mesures prenaient fin le 30 novembre. Une autre source a confirmé que le ministre français avait abordé la question de l'embargo lors de la réunion du 19, précisant qu'il n'y a eu « aucune sorte de décision. » « La question de la reconnaissance est dans une certaine mesure une question plus urgente. Il est plus facile de négocier en faveur d'une entité que l'on reconnaît et soutient », a-t-elle précisé. (CG)