Strasbourg, 20/11/2012 (Agence Europe) - L'exploitation du gaz de schiste en Europe, laquelle pourrait tirer profit de ses réserves abondantes en termes de sécurité énergétique, suscite la controverse au Parlement européen, où l'inquiétude demeure quant à ses répercussions écologiques. Son extraction par la fracturation hydraulique étant largement pointée du doigt, l'Europe devra adopter une approche réaliste mais prudente.
Précédant le vote mercredi du rapport du Polonais Boguslaw Sonik (PPE) sur les incidences sur l'environnement des activités d'extraction des gaz de schiste et de schiste bitumineux et de celui de la Grecque Niki Tzavela (EFD) sur les aspects industriels et énergétiques du gaz de schiste, le débat sur l'exploitation de ce combustible fossile non conventionnel a déchaîné les passions dans l'hémicycle pendant près de trois heures, mardi 20 novembre à Strasbourg. Dressée juste devant l'entrée de la salle de débats, une exposition vantant les bienfaits du gaz de schiste, présentée par une association répondant au nom de Responsible energy citizens coalition, parrainée par trois députés PPE - le Polonais Jacek Protasiewicz, l'Espagnol Alejo Vidal-Quadras et l'Allemand Herbert Reul - et soutenue par des membres d'autres groupes politiques - Robert Goebbels (S&D, luxembourgeois) et Holger Krahmer (ADLE, allemand), n'a pas manqué d'attiser les tensions.
Ouvrant le débat auquel étaient conviés les commissaires Janez Potocnik (Environnement) et Günther Oettinger (Énergie), M. Sonik et Mme Tzavela ont souligné l'équilibre de leurs rapports respectifs, qui reposent tous deux sur une approche de précaution concernant l'exploitation d'une source d'énergie dont plusieurs États membres disposent, mais dans le respect de normes environnementales strictes. « L'Europe ne peut pas se payer le luxe de ne pas exploiter le gaz de schiste. Elle peut devenir un grand producteur mondial. La Commission [dans le droit fil de l'Agence internationale de l'énergie, NDLR] a reconnu que le gaz de schiste jouera un rôle important dans le bouquet énergétique à l'avenir. Nous devons trouver un consensus qui se base sur des connaissances scientifiques et non pas sur des biais », a insisté M. Sonik. « Le gaz de schiste nous offre tout. Comme l'a montré son développement aux États-Unis, c'est un défi pour la croissance et la compétitivité industrielle, pas une menace », a renchéri Mme Tzavela, soulignant toutefois « le besoin d'une approche prévisible pour l'utilisation des meilleures technologies pour l'exploiter ».
Si, au cours du débat, une large majorité de députés a plaidé pour un encadrement réglementaire strict pour l'exploitation du gaz de schiste, les députés Verts/ALE ont plaidé pour un moratoire sur la fracturation hydraulique, en attendant une législation européenne. Mais, à l'instar de la socialiste belge Frédérique Ries, les députés les plus modérés ont plaidé « pour une approche réaliste mais prudente » sur le gaz de schiste. (EH)