Bruxelles, le 20/11/2012 (Agence Europe) - L'Eurogroupe a de « bonnes chances » d'aboutir à un accord définitif sur la poursuite du 2ème sauvetage financier de la Grèce, a affirmé son président Jean-Claude Juncker, mardi 20 novembre à son arrivée à Bruxelles (EUROPE n° 10733). Il a toutefois admis ne pas en être « tout à fait sûr ». Le ministre allemand, Wolfgang Schaüble, a espéré pouvoir annoncer « du concret » mardi soir. Pour l'Espagnol De Guindos, les Européens doivent apporter « une solution crédible » à la Grèce.
Les Dix-sept étaient focalisés sur la nécessité d'apporter une réponse à la viabilité de la dette grecque, ultime question épineuse à régler avec le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière pouvant atteindre 44 milliards d'euros. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, se sont contentés de louer l'atmosphère « constructive » des négociations en cours. M. Rehn a toutefois averti que les Européens devaient se préparer à prendre « d'autres décisions » à l'avenir afin de garantir la viabilité de la dette grecque. Celle-ci menace en effet de frôler 190 % du PIB en 2014, alors que l'accord du printemps dernier sur le 2ème sauvetage fixe le ratio de 120 % en 2020.
Le ministre irlandais Michael Noonan a rappelé qu'un délai supplémentaire pour réduire ce ratio nécessiterait de nouveaux financements, la difficulté résidant dans la manière de combler ce trou. Plusieurs pays de la zone euro ont rejeté toute perte sur la valeur de la dette grecque détenue par des créanciers institutionnels, dont l'Allemagne et la Finlande. Refusant de verser de l'argent « frais », la ministre autrichienne, Maria Fekter, a indiqué que l'on se dirigeait vers un mix d'options, parmi lesquelles la diminution des taux d'intérêts bien que, selon elle, certaines délégations aient « un problème avec cela ».
Les ministres devaient aussi évoquer la manière de financer les deux années supplémentaires (2016 au lieu de 2014) accordées à Athènes pour atteindre un excédent budgétaire de 4,5 % du PIB.
En parallèle, les États membres concernés ont lancé leurs procédures nationales pour le déblocage de la tranche d'aide. En Allemagne, les groupes parlementaires du Bundestag discuteront, ce mercredi, des résultats de l'Eurogroupe, un vote pouvant avoir lieu la semaine prochaine.
Le leader de la Gauche démocratique grecque, Fotis Kouvélis a espéré le « versement immédiat » d'une première tranche « d'au moins 31,5 milliards d'euros ». M. Schaüble avait jugé « logique » le versement simultané de plusieurs tranches pour un montant total d'environ 44 milliards d'euros, sous réserve qu'un mécanisme de contrôle soit mis en place. (EL)