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Bulletin Quotidien Europe N° 10725
INSTITUTIONNEL / (ae) allemagne

Merkel, je lutterai toujours contre une Europe à 2 vitesses

Bruxelles, 07/11/2012 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, refuse que le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM) aboutisse à la création d'une Europe à deux vitesses. « La zone euro n'est pas un club élitiste ! », a-t-elle lancé, mercredi 7 novembre lors d'une intervention au Parlement européen. Elle a prôné l'octroi de pouvoirs accrus de surveillance budgétaire à l'échelon européen tout en reconnaissant la nécessité de maintenir « une marge de manœuvre » nationale, notamment en matière fiscale et d'emploi. Selon elle, les travaux difficiles devant aboutir à la mise sur pied d'un mécanisme unique de supervision bancaire sous l'égide de la BCE doivent faire primer « la qualité sur la rapidité ». Plusieurs eurodéputés ont critiqué la position allemande qui rejette toute mutualisation partielle de la dette dans l'Eurozone et qui réclame une Europe compétitive tout en refusant l'idée d'un budget communautaire suffisamment doté pour contribuer aux investissements dans les territoires.

Il faut modifier la perception « sceptique » qu'ont nos partenaires internationaux à notre égard et rattraper notre retard concurrentiel avec le reste du monde, a déclaré Mme Merkel. Pour ce faire, outre la poursuite des réformes structurelles au niveau national, l'Allemagne veut corriger « les erreurs de conception » de l'UEM qui ont permis aux pays de la zone euro d'accumuler les déficits et de gonfler leur dette sans être sanctionnés et aux déséquilibres macroéconomiques de croître malgré la création d'une monnaie unique. Selon la chancelière, la Commission devrait être dotée de pouvoirs accrus pour surveiller les politiques budgétaires nationales. Et les politiques économiques nationales devraient être davantage coordonnées car, dans la zone euro, « la perte de compétitivité d'un pays affecte tous les autres ». Mme Merkel a également envisagé la possibilité d'aider financièrement un pays à entreprendre des réformes par le biais d'un budget propre à l'Eurozone. Une idée qui ne plaît pas à Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande). Quant au volet financier d'une UEM renforcée, la chancelière a estimé « essentiel » que le superviseur européen soit « opérationnel » avant qu'il ouvre la voie à toute recapitalisation bancaire directe.

Budget. Pour Mme Merkel, le cadre financier 2014-2020 (CFP) est une condition nécessaire à la croissance. « Chaque euro dépensé doit créer une plus-value qui se mesure en termes de croissance et d'emplois », a-t-elle souligné. Martin Schulz, le président du Parlement européen, a déclaré que le PE était prêt à se battre pour obtenir un compromis équilibré sur le CFP, sans toutefois écarter un possible veto. Joseph Daul (PPE, français) a prévenu: « Il ne peut y avoir plus d'Europe avec moins d'argent. »

Hannes Swoboda (S&D, autrichien) et Guy Verhofstadt (ADLE, belge) ont critiqué Mme Merkel pour son refus d'envisager une action commune pour réduire les taux d'intérêt imposés aux pays qui font les réformes mais peinent à se refinancer. « L'austérité tue ! », a lancé Gabriele Zimmer (GUE/NGL, allemande), tandis que, pour Nigel Farage (EFD, britannique), « il est temps que le Royaume-Uni quitte l'UE ». (MB avec LC)

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