Bruxelles, 07/11/2012 (Agence Europe) - Les betteraviers européens (CIBE), les fabricants de sucre (CEFS), le syndicat des travailleurs (EFFAT) et le groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont réclamé, mardi 6 novembre, lors d'un événement au Parlement européen, une extension de l'organisation commune de marché (OCM) unique pour le sucre jusqu'en 2020. Pour ces organisations, l'extension de l'OCM actuelle pour le sucre jusqu'en 2020 permettrait de maintenir des emplois décents et de contribuer aux objectifs de développement au moment où cela s'avère le plus utile. En outre, cela garantirait une stabilité grâce à un approvisionnement en sucre suffisant à des prix durables pour les producteurs, les fabricants, les fournisseurs, les travailleurs et les consommateurs. La Commission européenne propose de supprimer en 2015 les quotas de sucre.
Le secteur européen du sucre a subi une restructuration majeure depuis les réformes de 2006 et 83 usines - presque une sur deux - ont fermé leurs portes. Plus de 22 000 emplois directs ont été perdus et plus de 150 000 producteurs ont mis fin à la culture de betteraves. La réforme de l'OCM unique pour le sucre « ne devrait pas entraîner d'autres difficultés pour les travailleurs du secteur, particulièrement en cette période de crise économique et sociale considérable », a expliqué Harald Wiedenhofer, secrétaire général de l'EFFAT (Fédération européenne des syndicats de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme).
Un secteur du sucre solide et compétitif sera le moteur de l'économie rurale, surtout dans les régions avec une longue tradition de culture de betteraves. « Alors que le secteur devient plus compétitif, il a besoin de temps pour assurer la rentabilité de ses investissements. Le secteur a besoin de stabilité et de prévisibilité », a déclaré le président du CEFS (Comité européen des fabricants de sucre), Johann Marihart.
« L'avenir de la betterave en Europe semble prometteur, pourvu que le dynamisme et les efforts consentis jusqu'ici ne soient pas minés par des décisions incohérentes qui mettraient en péril la durabilité », a dit le vice-président de la CIBE (Confédération internationale des betteraviers européens), Jos Van Campen. Pour qui le modèle de contrat dans le secteur de la betterave est exemplaire.
S'exprimant au nom du groupe ACP, l'ambassadeur de Guyane, M. Gomes, a réclamé également un avenir intelligent, durable et inclusif pour quelques pays moins avancés. Soulignant le fait que nombre d'entre eux sont des partenaires commerciaux de longue date avec des économies vulnérables de petite échelle, il insiste sur la « cohérence entre les politiques européennes en matière d'agriculture, de développement et de commerce ». « Le marché européen doit rester stable pour maintenir un marché viable pour les fournisseurs, particulièrement ceux des pays ACP/PMA », dit-il. (LC)