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Bulletin Quotidien Europe N° 10725
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) infrastructures

Budget pour l'interconnexion, des députés en colère

Nicosie, 07/11/2012 (Agence Europe) - Les rapporteurs sur le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE) ne décolèrent pas à propos du régime sévère auquel la Présidence chypriote entend astreindre ce mécanisme. En effet, la boîte de négociation chiffrée du cadre financier pluriannuel 2014-2020, présentée par celle-ci la semaine dernière, a infligé une coupe budgétaire de pas moins de 14 milliards d'euros au mécanisme. Les co-rapporteurs Inès Ayala Sender (S&D, espagnole) et Dominique Riquet (PPE, français) ont exprimé leur plus grande insatisfaction lors d'une réunion conjointe des commissions parlementaires chargées du transport (TRAN) et de l'industrie (ITRE) lundi 5 novembre.

Coupe sombre. Le MIE ne serait donc plus doté que de 36 milliards d'euros, contre 50 initialement proposés par la Commission pour investir dans les infrastructures transfrontalières, dans les télécoms, les transports et l'énergie. Mais les coupes se feraient plus durement sentir dans le transport qui passe de 31,7 milliards d'euros à 22,2 milliards, dont un peu plus de 7 du Fonds de cohésion à la place des 10 proposés. La députée Ayala Sender a donné le coup d'envoi de la complainte: « Le budget européen proposé est insatisfaisant surtout pour cet instrument financier (…). Il s'agit vraiment d'une coupe sombre de la présidence chypriote, c'est inacceptable. Nous rejetons donc la proposition qui vise à revoir à la baisse cette enveloppe budgétaire. » Elle appelle par conséquent à « continuer à lutter sur ce point d'ici le Conseil extraordinaire de novembre » (ndlr: les 22 et 23 novembre).

Progression zéro, instrument anéanti. Même indignation palpable chez son collègue M. Riquet, qui déplore pour sa part que le transport soit le plus touché par les coupes, il juge pourtant que le MIE est un « instrument de croissance inégalable ». Selon ses calculs, ce que propose la Présidence chypriote équivaut à une « progression zéro ». Et de déplorer le manque d'efforts de Nicosie: « Dans le précédent plan financier, nous avions un peu moins de 10 milliards, en actualisant 2006-2020, la proposition de la Présidence chypriote c'est zéro. C'est-à-dire strictement le report de l'exercice précédent. » Il estime par conséquent que « l'instrument de croissance n'est même pas suffisant, il est anéanti ! ». L'eurodéputé français tranche: « Cette proposition n'est pas amendable, elle n'est pas acceptable, ce n'est même pas une base de discussion. »

Le rapport sera voté, toujours en commission conjointe le 27 novembre, soit après le Conseil extraordinaire qui entérinera ou non le budget de l'UE et donc le budget pour le MIE. (MD)

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