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Bulletin Quotidien Europe N° 10711
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) uem

Leinen, il faut un retour à l'essence du projet

Bruxelles, le 16/10/2012 (Agence Europe) - La crise financière est « le plus grand test pour le projet européen depuis sa création », a déclaré mardi 16 octobre Jo Leinen, député européen (S&D, allemand), lors d'une conférence organisée par le think tank « Notre Europe ». Pourtant, ce sont aujourd'hui des millions d'Européens qui « croient que la gestion de la crise n'est pas juste ». En effet, la politique d'austérité « a montré ses limites » et a fait « souffrir » de nombreuses personnes. À ses yeux, une Europe où le taux de chômage des jeunes peut frôler 50 % dans certains pays « n'est pas l'Europe que l'on veut », et la récente attribution du prix Nobel de la paix à l'UE doit permettre de « revenir aux bases du projet ».

C'est également l'avis d'Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission européenne, qui considère ce prix à la fois comme une « surprise » et comme un « choc ». L'Union européenne a en effet réussi à établir une paix durable, mais force est tout de même de constater qu'il y a aujourd'hui presque autant d'inégalités dans la société qu'au « début de l'aventure européenne ». Et ces inégalités constituent le terreau même du manque de confiance qui frappe, bien sûr les marchés, mais également les politiques et les citoyens.

André Sapir, professeur d'économie et co-rédacteur du rapport Tommaso Padoa-Schioppa (EUROPE n° 10653), analyse cet état de fait par une « erreur que personne n'a vu avant le lancement » de la monnaie unique. Lorsque l'Union monétaire de stabilité a été mise sur pied, celle-ci ne s'est concentrée que « sur un aspect de cette stabilité, celle des prix ». La stabilité financière n'ayant pas été prise en compte, des disparités ont alors émergé entre les économies.

Or, pour M. Leinen, il est très difficile « d'harmoniser les déséquilibres ». Même les fonds structurels, destinés à pallier ces disparités, n'ont pas « porté leurs fruits ». Il émet toutefois une réserve, cela tient peut-être également à l'usage qui en est fait, l'argent européen étant parfois « gaspillé ».

M. Davignon a pour sa part conclu en espérant que l'octroi du prix Nobel de la paix « pèsera sur le prochain Conseil européen » et qu'à l'issue de ce Sommet, les leaders ne se borneront pas à expliquer que la crise à laquelle l'Union fait face « est de la faute de quelqu'un d'autre ». Il a alors salué la visite « courageuse» de la chancelière allemande à Athènes. Et de rappeler que la crise représentait « un risque majeur » pour l'Europe, mais également « une très grande opportunité ». (EL)

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