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Bulletin Quotidien Europe N° 10711
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Les Européens favorables à plus d'aide, mais pas de leur poche

Bruxelles, 16/10/2012 (Agence Europe) - 85 % des citoyens de l'UE estiment que l'Europe devrait continuer à aider les pays en développement malgré la crise économique (ils étaient 88% en 2011) mais ils ne sont que 44 % à être disposés à dépenser plus pour des produits qui soutiennent le développement comme les produits du commerce équitable (contre 47 % en 2011), avec des variations importantes selon les pays. C'est ce que révèle un nouveau sondage Eurobaromètre spécial dont les résultats ont été présentés mardi 16 octobre par Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, à l'ouverture des Journées européennes du développement (septième édition JED), à Bruxelles.

Cet Eurobaromètre, réalisé par TNS Opinion & Social entre le 2 et le 17 juin 2012 auprès de
26 622 citoyens européens de 15 ans ou plus, interrogés à leur domicile, montre aussi que si 61 % des Européens sont favorables à une augmentation de l'aide pour permettre aux populations de sortir de la pauvreté. Ils estiment en majorité (55 %) que les pays émergents à croissance rapide ne devraient plus recevoir d'aide. Pour 61 % des personnes interrogées, l'aide devrait se concentrer sur les pays fragiles à la suite d'un conflit ou d'une catastrophe naturelle, par exemple, et 30 % des répondants jugent que l'UE devrait aider les pays en développement, qu'ils se trouvent ou non en situation de fragilité.

La moitié des répondants (49 %) sont d'avis que l'UE devrait tenir sa promesse d'augmenter l'aide aux pays en développement et 12 % pensent que cette augmentation devrait aller au-delà de ce qui a été promis, mais 18% estiment qu'il faudrait réduire l'aide, car l'Europe n'en a plus les moyens - un chiffre qui augmenté de 7 points de pourcentage depuis 2009.

Les citoyens européens sont d'avis que les entreprises privées ont un rôle positif à jouer dans les pays en développement, notamment en y créant de l'emploi (57 %). Ils sont 81 % à attendre des entreprises étrangères qu'elles respectent des normes morales et éthiques lorsqu'elles investissent, et 87 % d'entre eux estiment que les donateurs tels que l'UE devraient faire en sorte que les entreprises privées respectent des normes sociales et éthiques. 53% des sondés considèrent la corruption comme le principal obstacle au développement des pays pauvres.

Commentant ces résultats, M. Piebalgs, a déclaré: « À l'heure où l'UE est sur le point d'arrêter son budget pour les sept prochaines années, les citoyens adressent un message clair à leurs dirigeants: les économies ne doivent pas se faire au détriment des populations les plus pauvres de la planète. Ils exigent toutefois d'avoir la garantie que l'aide est destinée aux plus pauvres et produit des résultats visibles. » C'est là l'objectif que poursuit l'UE avec le programme pour le changement de sa politique de développement après 2013.

Preuve que la crise économique n'affecte pas la solidarité envers les pauvres, en Espagne, le taux de soutien dont jouit l'aide aux pauvres (88 %) n'a pas changé depuis l'an dernier. En Grèce et en Italie, le recul est minime (- 2 points de pourcentage), tandis qu'une hausse de 3 % a été constatée en Irlande (88 %). Seul le Portugal affiche une baisse plus sensible (-10 points de pourcentage)

Si les Européens sont moins disposés à s'engager personnellement, les citoyens issus des pays de l'UE-15 sont beaucoup plus disposés à payer davantage (50 % contre 25 % pour l' UE-12). Dans 6 États membres, un recul d'au moins 10 points de pourcentage a été constaté: en Grèce (33 % sont disposés à payer plus), en République tchèque (28 %), en Slovénie (30 %), en Espagne (35 %), en Lituanie (24 %) et au Portugal (12 %). Sans surprise, les citoyens des pays les plus riches sont davantage disposés à acheter des biens du commerce équitable. Viennent en tête: la Suède (76 %), les Pays-Bas (76 %) et le Luxembourg (70 %).

Le nord-ouest de l'Europe est plus favorable à une augmentation des fonds d'aide au développement que l'Europe du sud-est. En Suède, au Danemark et en Autriche, une grande majorité de citoyens (respectivement 80, 76 et 74 %) sont favorables à l'idée de porter l'aide au développement à 0,7 % du RNB ou plus. Les trois pays où les proportions de répondants souhaitant une réduction de l'aide sont les plus élevées sont la Bulgarie (38 %), la Slovénie (32 %) et la Grèce (30 %).

Les Européens estiment que l'aide au développement devrait essentiellement porter sur les droits de l'homme (34 %), l'éducation (33 %), la santé (32 %), la croissance économique (29 %) et l'agriculture/la sécurité alimentaire (29 %).

Pour consulter l'Eurobaromètre http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb_special_ 399_380_fr.htm

(AN)

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