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Bulletin Quotidien Europe N° 10711
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Réforme des biocarburants, les ONG montent au créneau

Bruxelles, 16/10/2012 (Agence Europe) - À la veille de connaître le contenu définitif de la proposition de la Commission européenne sur le durcissement des règles relatives à la durabilité des biocarburants utilisés dans l'UE (EUROPE n° 10710 et 10694), les ONG de développement sont montées au créneau, jeudi 16 octobre - Journée mondiale de la faim - pour presser la Commission européenne de penser d'abord à la faim et au changement climatique dont les pays en développement sont les premières victimes, plutôt qu'aux intérêts des industriels. L'alliance internationale des ONG catholiques de développement (CIDSE) redoute que les nouvelles règles censées réduire les biocarburants produits à partir de denrées alimentaires au profit d'une production accrue de biocarburants de deuxième génération (produits à partir de déchets) et encourager les biocarburants à faible niveau d'émissions liées au changement indirect d'affectation des sols, ne soient affaiblies alors qu'à leur avis, elles devraient au contraire être renforcées pour protéger des millions de personnes parmi les plus pauvres au monde qui font les frais de cette production.

Les ONG estiment que le plafonnement de 5 % pour les biocarburants de première génération est le strict minimum et que pour éliminer l'impact de ces biocarburants sur les prix alimentaires et la faim, il conviendrait de réduire davantage leur utilisation.

« Nous encourageons la Commission a éliminer les biocarburants produits à partir de denrées alimentaires qui sont responsables de la volatilité des prix, de l'accaparement des terres et qui ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre. Une politique de biocarburants qui ne s'attaque pas au changement climatique et qui retire aux gens le pain de la bouche, n'est pas digne d'un acteur leader du développement de la lutte contre le changement climatique comme l'UE. Les critères de durabilité de l'UE nécessitent une réforme en profondeur pour exiger de l'industrie qu'elle respecte les normes les plus élevées quand il s'agit des impacts sociaux et non pas seulement des impacts environnementaux de la production de biocarburants », a déclaré Denise Auclair du bureau européen de la CIDSE lors des journées européennes de développement (JED). « L'huile de palme est loin d'être un solution durable pour les peuples autochtones en Indonésie. Ils ont perdu leurs ressources en terre et en forêts, boivent de l'eau polluée, ne sont pas correctement payés et s'ils protestent, ils font l'objet de violences », a ajouté Rahmawati Reno Winarni, directeur de programme de Sawit Watch, une organisation de la société civile qui contrôle la production d'huile de palme dans ce pays où les exportations de biodiesel sont passées de 563 millions de litres en 2010 à 1225 millions en 2011, avec l'Europe comme premier débouché (39 % en 2011). (AN)

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