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Bulletin Quotidien Europe N° 10711
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Les douleurs chroniques, une maladie sous-estimée

Bruxelles, 16/10/2012 (Agence Europe) - Un Européen sur cinq souffre de douleurs chroniques, et ces douleurs sont quotidiennes pour un Européen sur onze. Malgré cette réalité, beaucoup ne reçoivent pas de traitement adapté et cumulent les arrêts de travail, un phénomène qui pèse sur l'économie. Ces données alarmantes ont été révélées le 12 octobre dernier par le professeur Hans Georg Kress, président de l'EFIC, la Confédération des sociétés européennes d'étude de la douleur, à l'occasion de la présentation de la première « Année européenne contre la douleur ». « Nous voulons secouer les décideurs politiques. Car les douleurs, en particulier celles de nature chronique, causent non seulement une souffrance personnelle mais ont aussi un impact social et économique bien plus important qu'on ne le pense souvent », a déclaré M. Kress. L'accent sera mis en 2012/2013 sur les douleurs viscérales, des douleurs très répandues causées par les organes internes. L'EFIC prévoit de mettre en lumière chaque année, d'octobre à octobre, un syndrome ou un thème lié aux douleurs chroniques dans le cadre de l'Année européenne contre la douleur.

On dénombre environ 100 millions de personnes concernées dans les 27 États membres de l'Union européenne par les douleurs chroniques. C'est plus que les maladies cardiaques, le diabète et les cancers réunis. Environ 500 millions de journées de travail sont perdues chaque année dans l'UE à cause de ces douleurs, causant une perte de 34 milliards d'euros par an. Quelques 19 % des patients, atteints de douleurs moyennes ou fortes ont perdu leur emploi et le risque de devoir changer de métier pour ces patients est sept fois plus élevé que pour les personnes en bonne santé. Malgré l'ampleur du phénomène, seulement 2 % des personnes sont suivies par un spécialiste de ces pathologies et un tiers n'est pas du tout traité. La raison de ce déficit de traitement est que la douleur est tout simplement considérée comme le symptôme d'une maladie et non comme une maladie à part entière, souligne le professeur Kress. Tout au long de cette Année européenne contre la douleur 2012-2013, l'accent sera mis sur les douleurs viscérales, qui englobent toutes les formes de douleurs qui partent du cœur, des vaisseaux sanguins, des voies respiratoires, des conduits urogénitaux ou de l'appareil digestif, douleurs qui peuvent être très désagréables et même constituer une menace mortelle. Les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes, selon les statistiques et actuellement, il n'existe aucune thérapie adéquate pour beaucoup de ces douleurs chroniques. L'EFIC espère, au cours de cette Année, lever le voile sur ces douleurs mal connues et mal comprises, donner des informations aux patients concernés et les inciter à chercher de l'aide auprès des professionnels de la santé. L'organisation souhaite également donner une impulsion à la recherche en ce domaine « car il existe encore de nombreuses zones d'ombre », notamment comment ces douleurs se déclenchent, comment elles sont influencées par la génétique et l'environnement, et pourquoi elles affectent surtout les femmes. (IL)

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