Bruxelles, 16/10/2012 (Agence Europe) - Les règles de confidentialité mises en œuvre le 1er mars dernier par Google ne sont pas conformes à la législation européenne en matière de protection des données personnelles et doivent être modifiées, a annoncé le 16 octobre le régulateur français, la CNIL, au nom de tous les autres régulateurs européens réunis dans le cadre du groupe 'Article 29'. Dans un courrier commun, ces autorités européennes demandent notamment au géant américain de « fournir une information plus claire et plus complète sur les données collectées » et sur leur finalité. Google est également invité à se conformer au plus vite aux recommandations des régulateurs européens. Une analyse saluée par la commissaire Viviane Reding qui avait déjà demandé au géant américain au début de l'année de suspendre sa nouvelle politique et de s'assurer au préalable que son contenu était entièrement conforme au droit européen.
Selon l'avis de la CNIL, la politique actuelle ne permet aucunement aux utilisateurs de savoir quels types de données sont utilisées et à quelles fins ; le régulateur déplore encore que Google refuse de fixer une période de rétention des données des internautes ou ne permette pas le contrôle par les utilisateurs de la combinaison de données entre les nombreux services de Google. Le moteur américain a 3 à 4 mois pour améliorer ses dispositions sous peine de voir la CNIL ouvrir une phase contentieuse, a annoncé celle-ci à Paris lors de la présentation de ses conclusions, rapporte l'AFP.
Pour Mme Reding, les compagnies qui offrent leurs services aux consommateurs dans l'UE doivent impérativement respecter ses règles de protection des données, a-t-elle dit dans une déclaration écrite et il est « essentiel que les citoyens sachent exactement comment leurs données sont traitées ». Et c'est dans ce sens, parfois décrié, notamment en ce qui concerne les affaires policières et judiciaires, que la commissaire luxembourgeoise a proposé en janvier dernier de réformer la directive de 1995 actuellement en vigueur.
Mardi, le géant américain s'est toutefois dit confiant dans le fait que ses règles de confidentialité respectaient le droit européen. « Notre nouvelle politique de confidentialité démontre notre engagement continu pour protéger les informations de nos utilisateurs et créer des produits de qualité. Nous sommes confiants dans le fait que nos politiques de confidentialité respectent la loi européenne », a indiqué le responsable de la vie privée au niveau mondial, Peter Fleischer, dans un communiqué, rapporte l'AFP. (SP)