Bruxelles, 01/10/2012 (Agence Europe) - La Tunisie, qui a enregistré ces dernières semaines de nouvelles tentatives d'émigration clandestine vers l'Italie, a entamé avec ce pays des pourparlers pour un meilleur contrôle et elle « entamera, la semaine prochaine (celle qui débute), une série de négociations avec les pays de l'Union européenne » à ce sujet, a indiqué vendredi 28 septembre le ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, lors d'une table ronde organisée à Tunis par le Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) notamment.
Huit mille immigrés illégaux ont débarqué jusqu'à présent sur les côtes italiennes depuis début 2012, contre 60.000 pour l'année 2011, a déclaré mercredi la ministre italienne de l'Intérieur, Annamaria Cancellieri, lors d'une intervention devant la Chambre des députés citée par les médias. La Tunisie fait face à « un mouvement complètement irrationnel. En 2011, 30 000 Tunisiens ont quitté le pays. Cette année, au mois d'août, nous en étions seulement à 2000. Nous avons besoin de l'Europe pour lutter contre l'immigration clandestine mais nous avons agi, avec nos moyens », a affirmé à Marseille lors d'une rencontre organisée par la Banque mondiale et l'OMI (Office international des migrations), Houcine Jaziri, secrétaire d'État en charge des Tunisiens à l'étranger.
Le gouvernement tunisien est prêt à faire son devoir mais « n'accepte pas de jouer le rôle de police de la Méditerranée » et demande à « bénéficier, en contrepartie, d'avantages économiques et sociaux », a ajouté le ministre cité par les médias tunisiens. « Le drame du bateau qui a échoué au large de l'île sicilienne de Lampedusa renvoie à la défaillance du dispositif législatif et de contrôle des frontières », a-t-il ajouté regrettant « l'inapplication des conventions signées entre la Tunisie et les pays européens ». Pour la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) la Tunisie est incapable de faire face, toute seule, au grand nombre de Tunisiens et d'Africains qui tentent assez souvent de quitter le territoire tunisien vers l'Europe de manière illégale, a dit son président, Abdessatar Ben Moussa. Le représentant du REMDH, a, pour sa part, appelé à « l'urgence de revoir la politique de migration ainsi que les conventions conclues avec les pays d'accueil ». Sihem Bensedrine, l'une des figures marquantes de l'opposition démocratique, a estimé que « le côté européen a obstrué les canaux d'émigration légale pour continuer à profiter des réseaux d'émigration irrégulière ». (FB)