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Bulletin Quotidien Europe N° 10700
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Eau et assainissement, la Commission peut faire mieux

Bruxelles, 01/10/2012 (Agence Europe) - Donner accès à l'eau potable et à des installations d'assainissement en Afrique subsaharienne, comme le fait l'UE via des projets de développement, c'est essentiel ; assurer la durabilité de ces projets, c'est encore mieux, or c'est là que le bât blesse,souligne la Cour des Comptes dans un rapport publié vendredi 28 septembre sur la gestion de l'aide de la Commission européenne dans ce domaine. Fruit d'un audit portant sur l'examen de 23 projets mis en œuvre dans six pays (Angola, Bénin, Burkina Faso, Ghana, Nigeria, Tanzanie), ce rapport spécial (n° 13/2012) analyse la pertinence de ce type d'aide au regard des besoins et des priorités des pays concernés, et l'efficacité des interventions de l'UE.

La Cour conclut que le soutien de l'UE a permis d'améliorer l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement de base, mais que la durabilité des projets laisse à désirer. Pour rectifier le tir, elle recommande que la Commission européenne fasse un meilleur usage de ses procédures afin de maximiser les avantages à long terme générés par les dépenses de développement de l'UE dans cette région du monde et dans ce secteur. Bien que ses procédures de gestion de projets couvrent les questions de durabilité de manière exhaustive, la Commission n'en a pas fait l'usage requis pour accroître la probabilité que les projets aient des effets bénéfiques durables, précise la Cour des comptes. Car si, d'une manière générale, le matériel a été installé comme prévu et se trouvait en état de fonctionnement au moment de l'audit, moins de la moitié des projets examinés ont produit des résultats répondant aux besoins des bénéficiaires.

Globalement, les projets examinés favorisaient l'utilisation d'une technologie standard et de matériaux disponibles localement. Ils étaient donc techniquement durables, mais pour une majorité de projets, les avantages se tariront à moyen et à long terme, faute de viabilité financière et de capacités institutionnelles suffisantes.

« Après la livraison, les avantages tirés des projets relatifs à l'eau et à l'assainissement ne sont garantis que si ces derniers génèrent un revenu fiable et suffisant pour couvrir les frais de fonctionnement, y compris l'entretien courant et, le cas échéant, les réparations », souligne la Cour des comptes. Pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes défavorisées et vulnérables, la viabilité financière des projets passe par la mise en place de structures de tarification et de systèmes de recouvrement adéquats. Le rapport révèle que sur les 23 projets examinés, dans quatre cas seulement, les tarifs ont été fixés à un niveau permettant de couvrir les dépenses de fonctionnement. La persistance des faiblesses institutionnelles (capacité limitée des opérateurs à faire fonctionner le matériel installé) est l'autre écueil à surmonter. La Cour estime que des plans visant à garantir la durabilité après la livraison des projets peuvent être élaborés lors de la conception des projets qui présenteraient une analyse des possibilités locales de financement et qu' « il est possible d'éliminer les obstacles pratiques à la tarification et au recouvrement au moment de la conception détaillée, en proposant, par exemple, une formation dans le cadre de la mise en œuvre du projet. » (AN)

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