Bruxelles, 25/09/2012 (agence Europe) - Un 'sommet' des pays des deux rives de la Méditerranée occidentale aura lieu le 5 et le 6 octobre à Malte. Ces pays, regroupés au sein de la structure informelle '5+5' sont: Malte, l'Italie, la France, l'Espagne et le Portugal. Face à eux les 5 pays membres de l'Union du Maghreb Arabe (UMA): Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie. Plusieurs chefs d'État sont annoncés et l'UE est invitée à cette rencontre, la première depuis les bouleversements qui ont modifié le paysage politique et sécuritaire sur la rive sud.
Seront abordés les thèmes liés à la sécurité dans la région, la stabilité économique, l'intégration régionale, l'environnement et l'immigration. Pour préparer le 'sommet', une réunion des ministres des Affaires étrangères, à laquelle Stefan Füle, commissaire européen chargé de la Politique de voisinage avait participé, s'est tenue, à Rome, en février. La décision avait alors été prise de renforcer davantage le dialogue '5+5' par le biais d'une amélioration des méthodes de travail, et de l'interaction avec les autres forums de coopération dans la région ainsi que de l'approfondissement de tous les aspects du dialogue entre les dix pays. Les ministres avaient aussi exhorté la communauté internationale et « l'Union Européenne en particulier à apporter l'appui nécessaire » aux pays de la rive Sud « dont le sort dépend de la reprise du développement économique et de la création de nouveaux et nombreux emplois ». Après avoir évoqué tous les sujets politiques, économiques et financiers qui concernent leur zone, ils avaient adopté la proposition algérienne de « réunir la Conférence des ministres des Affaires étrangères sur une base régulière annuelle ». Ils ont aussi convenu d'élargir leur dialogue à d'autres domaines de coopération, tels que la sécurité alimentaire, l'énergie, le commerce, la justice, l'agriculture, la formation des agents diplomatiques et l'implication des sociétés civiles et des autorités locales.
L'objectif du sommet sera d'encourager la coopération et l'entente dans tous ces domaines, soit au plan bilatéral, soit en impliquant l'UE dans ses programmes destinés à la région. Le groupe de pays, qui n'entend pas se structurer se conçoit comme une force de dynamisation au sein du dialogue global euro-méditerranéen, et notamment au sein de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Un seul sommet a eu lieu jusqu'à présent, à Tunis en 2003. Une relance du cadre de concertation avait alors été amorcée avec la participation du président de la Commission européenne de l'époque, l'Italien Romano Prodi. Son successeur José M. Barroso serait dans la liste des invités au sommet de Malte.
Le sommet de Tunis avait marqué une reprise des activités après une mise en veilleuse due notamment aux divergences algéro-marocaines sur le Sahara. Créé en 1990, le groupe de concertation ne regroupait pas Malte. Ce n'est que lors de la seconde réunion ministérielle, à Alger, que le groupe '5+4' s'était transformé en '5+5'. Des consultations sont en cours pour un éventuel élargissement à l'Égypte et probablement aussi à la Grèce pour en faire un groupe '6+6'. Des réticences existent et le besoin de préserver la spécificité de la Méditerranée occidentale a toujours été opposé aux demandes insistantes de l'Égypte. La question ne serait pas (encore) envisagée dans les discussions à Malte, mais « je ne serai pas étonné que dans l'ordre du jour en constante évolution, le sujet soit abordé », a confié à EUROPE l'ancien ministre des Affaires étrangères et ancien vice-premier ministre de Malte (1996-98), George Vella, qui se dit « en faveur d'un tel élargissement ». Le groupe n'en sera que « plus représentatif » vis-à-vis de l'UE, a-t-il dit.
Pour l'ancien dirigeant maltais, actuellement membre de l'Assemblée parlementaire euroméditerranéenne, « l'idée d'un groupe agissant au sein de l'UpM est une bonne chose ». Il espère que la réticence des pays d'Afrique du Nord à s'engager dans l'UpM, comme cela a été amplement démontré dans le passé, ne s'étendra pas à ce cadre informel. Et M. Vella de plaider aussi pour l'instauration d'une coordination entre les parlements nationaux des dix pays concernés. (FB)