Bruxelles, 25/09/2012 (Agence Europe) - Malgré des indicateurs économiques qui suscitent la jalousie des autres capitales européennes, l'Allemagne doit faire face à certaines tendances sur son marché du travail qui illustrent les défis sociaux à venir et montrent que chaque modèle économique contient des zones d'ombre. La surreprésentation d'emplois partiels, la pauvreté des travailleurs à mi-temps et la non corrélation entre la montée de la productivité et le niveau des salaires sont quelques exemples qui montrent que l'Allemagne « ne peut se reposer sur ses lauriers, malgré ses bonnes performances ». D'autant plus que certains choix en matière de politique d'emploi de l'Allemagne maintiennent un certain déséquilibre dans la zone euro.
Ces 'points noirs' du modèle allemand ont été épinglés par le commissaire Laszlo Andor (Emploi, Affaires sociales et Inclusion), lors d'un discours à Berlin, lundi 24 septembre. Mais, tout d'abord, M. Andor a tenu à rappeler pour quelles raisons l'Allemagne est aujourd'hui considérée comme un modèle de performance économique: un taux d'emploi (76,3% en 2011) qui atteint déjà l'objectif fixé par la stratégie EUROPE 2020 ; un taux d'emploi des femmes et des personnes âgées parmi les plus élevés de l'UE ; un taux de chômage global qui est plus de deux fois moins important que dans le reste de la zone euro.
Mais pour M. Andor, ces bonnes performances ne peuvent occulter plusieurs difficultés, qui sont d'ordre social, mais également commercial. Dans la première catégorie, trois emplois sur quatre créés entre 2009 et 2010 ont été des emplois à mi-temps, occupés majoritairement par des femmes. Ceci favorise le phénomène de la « pauvreté au travail ». Les enjeux de la seconde catégorie touchent toutefois à l'ensemble de la zone euro. « L'Allemagne a renforcé sa compétitivité en augmentant les salaires plus lentement que les autres pays de la zone euro », ce qui a notamment contribué à créer des « déséquilibres dans la zone euro », a-t-il affirmé. Si certaines mesures ont déjà été prises, comme un accord sur les salaires des travailleurs à mi-temps ou un léger réajustement du salaire par rapport à l'augmentation de la productivité, d'autres efforts seront nécessaires, a-t-il prévenu. Des efforts qui sont indispensables, car la population active va diminuer, alors que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Allemagne est déjà une réalité. (JK)