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Bulletin Quotidien Europe N° 10692
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Entre espoirs européens mesurés et « inquiétudes » croissantes

Bruxelles, 19/09/2012 (Agence Europe) - Laura Baeza, nouvel ambassadeur de l'UE à Tunis, a entamé sa mission par une rencontre, en début de semaine, avec le ministre tunisien des Affaires étrangères dans un contexte où un malaise croissant est constaté dans ce pays.

Mme Baeza n'a fait aucun commentaire sur le contenu de ses entretiens mais on sait à Bruxelles que l'engagement pris, par l'UE, il y a un an déjà, à la veille des élections d'octobre 2011 d'accélérer les appuis économiques et financiers et de faire de la Tunisie la première 'vitrine démocratique' dans la région, avec l'appui de l'UE, se heurte à de nombreux obstacles. Dans ce même esprit ; en juillet dernier aussi, le Commissaire à la Politique de voisinage, Stefan Füle, avait à la fois signé à Tunis deux conventions de financement et proposé de relancer les négociations sur un certain nombre d'accords commerciaux, notamment ceux des produits agricoles, les investissements et les services. Des pourparlers sont entamés mais des obstacles liés à l'instabilité politique et aux problèmes de sécurité sont constatés. Côté européen, américain et tunisien, on note aussi une certaine désorganisation administrative et politique. « Mi-incompétence, mi-mauvaise volonté », nous a déclaré un diplomate d'un État membre.

Le gouvernement tunisien est en outre ouvertement soupçonné par la société civile de manœuvres visant à faire durer son mandat, normalement limité par un texte constitutionnel et la convocation - pour la deuxième fois - d'élections législatives transitoires. Des assurances sont parfois données par le gouvernement mais souvent contredites au sein du même parti.

Le chef de l'État, Moncef Marzouki, pourtant allié électoral du parti islamiste au pouvoir a récemment multiplié les critiques contre la volonté d'Ennahdha, parti du Premier ministre, de mainmise sur les structures de l'État. La société civile tunisienne aussi le soupçonne de mansuétude, sinon de prodiguer des encouragements aux activités des extrémistes salafistes afin d'en faire un repoussoir pour apparaître lui-même comme un modéré. Ces soupçons se sont accrus à la faveur des récentes manifestations contre l'ambassade américaine en raison de la sortie d'un film sur Mahomet, le prophète fondateur de l'islam (quatre morts et plusieurs blessés sont décomptés). La passivité des forces de l'ordre a été remarqué, en particulier celle du ministre de l'Intérieur (membre d'Ennahdha). Ce climat commence à susciter une « inquiétude généralisée dans les missions diplomatiques sur la sécurité des ambassades et sur l'impunité des délinquants (salafistes ou opportunistes, NdlR), mis à part tous les autres sujets », tels que la Constitution, la liberté de la pesse, affirme le diplomate européen qui a souhaité ne pas être cité. « Certains se demandent si ces incidents ne sont pas organisés (notamment) pour dévier l'attention sur le fond des vraies questions en cours de discussion », a ajouté notre source. (FB)

 

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