Nicosie, 18/09/2012 (Agence Europe) - Contrariée par le lancement d'une enquête antidumping visant les exportations chinoises de panneaux solaires, la Chine avertit du risque d'une guerre commerciale.
À la veille du sommet annuel UE/Chine les 19 et 20 septembre à Bruxelles, auquel il participera aux côtés du premier ministre, Wen Jiabao, le ministre chinois du Commerce, Chen Deming, a envoyé une délégation auprès de la Commission à la fin de la semaine dernière. Objectif: convaincre l'Europe de négocier sur le dossier des panneaux solaires chinois, et d'éviter l'escalade d'une guerre commerciale.
Après valse-hésitation, l'exécutif européen a en effet décidé, le 6 septembre, de lancer une enquête antidumping sur les panneaux solaires et leurs composants photovoltaïques importés de Chine, la Commission entendant réparer, s'il devait s'avérer réel, un préjudice de taille, puisque les exportations chinoises de panneaux solaires et de leurs composants photovoltaïques vers l'UE ont atteint 21 milliards d'euros en 2011.
Rendant visite vendredi au patron de la DG Commerce, Jean-Luc Demarty, vendredi 14 septembre, le responsable chinois pour les négociations commerciales internationales, Chong Quan, a exhorté l'UE à trouver avec la Chine une issue à ce différend par la négociation. « Nous attendons de l'UE qu'elle adopte une attitude prudente. Le dialogue est la meilleure approche pour résoudre un différend », a insisté M. Chong, s'exprimant devant les médias à l'issue de la réunion. M. Chong a insisté sur la complémentarité des industries photovoltaïques européenne et chinoise, liées dans un « rapport gagnant-gagnant ». L'industrie photovoltaïque dans son ensemble fait face à des défis et des difficultés qui ne doivent pas, côté européen, être attribués au dumping des entreprises chinoises, le dumping et la concurrence étant deux concepts différents, a-t-il insisté. « Nous espérons que l'UE portera sur l'affaire un jugement complet, objectif et équitable, et la résoudra par la coopération plutôt que par des mesures unilatérales de restriction des échanges. La Chine et l'UE ont des intérêts communs en matière de commerce, d'investissement et de technologies, toute restriction n'affectera pas seulement un produit ou une industrie, mais un large éventail de secteurs connexes et les intérêts entiers de l'UE », a averti M. Chong, reconnaissant un « problème majeur » qui pourrait détériorer les relations entre l'UE et la Chine en provoquant d'autres frictions commerciales. « Nous espérons que l'UE attachera de l'importance aux préoccupations de la Chine, et que les gouvernements et les industries des deux parties chercheront à résoudre ce différend à travers le dialogue et la consultation », a-t-il conclu, dans des propos relayés par le quotidien China Daily.
M. Demarty a, de son côté, rappelé que la procédure antidumping lancée début septembre était basée sur une demande émanant d'entreprises européennes - conduite par le fabricant allemand SolarWorld AG, l'association EU Pro Sun représente plus de 25% de l'industrie de panneaux solaires en Europe - et qu'elle ne préjugeait pas de la suite de l'enquête. Le représentant de la Commission a aussi souligné qu'il était dans l'intérêt des deux parties d'éviter un différend, compte tenu de la valeur commerciale de l'affaire, et assuré que l'UE était prête à mener des consultations et des discussions avec la Chine pour étudier des solutions à la question dans le cadre des règles communautaires comme de l'OMC. (EH)