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Bulletin Quotidien Europe N° 10691
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) femmes

BCE, lettre de Mme Goulard à M. Juncker sur la parité

Bruxelles, 18/09/2012 (Agence Europe) - La députée libérale Sylvie Goulard (ADLE, française) s'adresse directement au président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, pour attirer une fois de plus son attention sur le respect de l'égalité des genres lors de la nomination d'un sixième membre du directoire de la Banque centrale européenne. En effet, la commission parlementaire économique et financière, dont Mme Goulard fait partie, a suspendu l'audition d'Yves Mersch pour le poste au directoire, au nom de l'équilibre des sexes.

23 responsables, zéro femme. Dans sa lettre à M. Juncker, publiée par le journal Le Monde vendredi 14 septembre, la députée récapitule les faits: « Actuellement, les cinq membres du directoire sont des hommes. Les dix-sept gouverneurs sont des hommes. Sur vingt-trois responsables, il n'y a donc aucune femme. » Pourtant, elle souligne que la Banque centrale a pris une importance considérable en ces temps de crise et l'indépendance de ses banquiers « doit être impérativement confortée par le choix de personnalités non seulement compétentes mais aussi représentatives de la société européenne ».

La BCE à Ryad ou au Vatican ? En l'état actuel des choses, le directoire de la BCE resterait jusqu'en 2018 une institution composée d'hommes, sauf démission ou décès. Mme Goulard fait savoir à M. Juncker que cela donne de l'Union européenne « une image archaïque » et poursuit en se demandant « au nom de quoi pourrions-nous plaider pour le respect des droits des femmes dans les pays tiers, si nous violons nos propres principes ? Avec un peu de provocation, on pourrait songer à transférer le siège de la BCE à Ryad ou au Vatican pour cette période. »

Miner le travail de Reding. Autre critique adressée par Mme Goulard à M. Juncker: « Vous minez le travail que prépare Mme Reding qui est commissaire européenne, originaire du Luxembourg, et a annoncé vouloir imposer des quotas de femmes (40 % !) dans les conseils d'administration des entreprises privées. À cette aune, il faudrait une dizaine de femmes dans le conseil des gouverneurs de la BCE ! Y aurait-il donc deux poids et deux mesures ? » Sur cette base, la députée se demande pourquoi les « les ministres des Finances si prompts à demander aux autres des efforts, à imposer des réformes « structurelles », c'est-à-dire notamment - et c'est une bonne chose - l'augmentation du nombre des femmes au travail, pourraient-ils s'affranchir de ces impératifs ? »

Elle conclu son appel en lançant au président de l'Eurogroupe, qu'« il y a sûrement, au Luxembourg qui est une place financière de renom, des femmes compétentes pouvant occuper ce poste ». (MD)

 

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