Bruxelles, 18/09/2012 (Agence Europe) - De l'avis de ses participants, le cinquième sommet bilatéral entre l'UE et l'Afrique du Sud, mardi 18 septembre à Bruxelles, a marqué une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat stratégique qui les lie depuis 2007 et la déclaration conjointe adoptée à l'issue des discussions témoigne de l'engagement des deux parties à faire de ce partenariat très étendu un levier pour bâtir « un partenariat pour nos peuples, pour la prospérité », une ambition guidée par la nécessité de sortir de la crise par la croissance et l'emploi. Outre la volonté commune de renforcer leur leadership dans la prévention des conflits, de promouvoir la paix et la prospérité sur tout le continent africain et de contribuer à la recherche d'une solution pacifique à la crise syrienne, les deux parties étaient au diapason dans leur détermination à œuvrer à la conclusion d'un accord climatique global en 2015 et à renforcer encore leurs relations commerciales florissantes. Les deux parties ont salué le lancement récent du programme de coopération au développement de l'UE pour l'Afrique du Sud d'un montant de 250 millions d'euros et la conclusion des négociations sur un accord bilatéral de coopération entre EURATOM et l'Afrique du Sud relatif à l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins civiles.
Le lancement d'un dialogue formel sur les droits de l'Homme et le premier forum des entreprises UE-Afrique du Sud, qui s'est tenu lundi 17 septembre, ont constitué deux innovations. La belle unité de ton s'est toutefois fendue net à propos de deux dossiers: - l'accord de partenariat économique négocié entre l'UE et la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe), pour lequel l'Afrique du Sud n'a pris aucun engagement sur la date de conclusion ; - les implications de la directive européenne ETS sur les compagnies aériennes des pays tiers, que l'Afrique du Sud n'accepte pas. « Nous soutenons une solution multilatérale à l'OACI », a dit M. Zuma. Hormis ces divergences évoquées sans détour devant la presse par le Président sud-africain, Jacob Zuma, tous se sont félicités du sommet. La poignée de manifestants réunis devant le bâtiment du Conseil pour dénoncer la mort de mineurs dans la mine de Maricana a constitué une autre note dissonante. À un journaliste qui lui demandait si cette tragédie n'était pas de nature à refroidir les investisseurs étrangers, Jacob Zuma a répondu que cet incident « très malencontreux », qui a été « un choc pour tout le monde », avait donné lieu à une commission d'enquête. « Nous contrôlons les choses. Nous restons dans une démocratie stable, cela doit rassurer les investisseurs». Herman Van Rompuy, président permanent du Conseil européen, a souligné que l'Afrique du Sud est « l'un des dix pays avec lesquels l'UE a un partenariat stratégique fondé sur des valeurs communes ». Et d'ajouter: Nous avons réaffirmé la valeur de ce partenariat. Nous voulons des économies ouvertes et compétitives. » Évoquant les efforts déployés par l'UE pour assurer la stabilité de l'euro, il a remercié Jacob Zuma pour avoir augmenté de 2 milliards la contribution de son pays aux ressources du FMI. M. Van Rompuy a également salué les efforts de facilitation de la paix de M. Zuma au Zimbabwe.
L'APE, pomme de discorde. « L'UE est déjà le principal partenaire commercial de l'Afrique du Sud (28% des exportations totales), le premier investisseur étranger dans le pays (77,5% des investissements directs étrangers) et son premier partenaire en développement (70% de l'aide extérieure). Mais nous voulons faire plus », a déclaré José Manuel Barroso, le président de la Commission, en rappelant que l'Afrique du Sud, pays BRIC, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, est « un partenaire clé de l'UE sur le continent africain et sur la scène internationale qui peut jouer un rôle important dans l'agenda de développement du G20. Évoquant l'APE, José Manuel Baroso a affirmé « nous nous sommes engagés à finaliser les négociations». Confiant quant à l'issue, le Président de la Commission a néanmoins reconnu « avoir appris la prudence » en la matière. Une réunion de négociation est prévue en mai et une autre à la fin de l'année, a-t-il indiqué.
Jacob Zuma, s'est dit « satisfait » du sommet, qui reflète la montée en puissance du partenariat stratégique, et « très satisfait » de l'approfondissement de la coopération pour soutenir les priorités de développement de son pays, notamment dans les domaines de l'éducation, la santé, l'accès aux sciences et aux technologies. Partisan de renforcer les relations commerciales pour développer les infrastructures dans le domaine de l'énergie et des transports, il a lancé un appel aux investisseurs internationaux. Mais, a-t-il ajouté « j'ai fait part de mes préoccupations concernant le futur APE, compte tenu des questions encore à résoudre. C'est une situation qui ne peut pas durer. Nous pensons que nous pouvons les résoudre, mais il faut plus de compréhension et de flexibilité. Nous apprécions l'appel du Parlement européen à un report de deux ans pour la mise en œuvre de l'amendement au règlement 1528/CE de 2007 sur l'accès au marché, qui aurait un impact négatif sur les pays. » L'Afrique du Sud, déjà liée à l'UE par un accord bilatéral de commerce, de développement et de coopération (TDCA) et rompue aux négociations commerciales, donne du fil à retordre à l'UE dans la négociation d'un APE régional. C'est le volet agricole qui pose des difficultés et l'accès au marché aussi. L'UE a mis une offre sur la table pour réponde à la demande de l'Afrique du Sud de bénéficier d'un accès accru au marché européen, mais n'est pas prête à accroître l'accès de l'UE à son marché. « Tous les éléments de l'accord sont sur la table et la plupart des pays de la région ont obtenu satisfaction sur leurs demandes. La conclusion est à portée de main, c'est une question de volonté politique. Nous espérons conclure en 2013 », ont expliqué des sources européennes. (AN)