Bruxelles, 18/09/2012 (Agence Europe) - La Grèce s'apprête à renforcer ses contrôles aux frontières maritimes et terrestres dans l'hypothèse d'une vague massive d'arrivée réfugiés syriens, a annoncé lundi 17 septembre le ministre de l'Ordre public, Nikos Dendias, rapporte l'AFP. Le ministre a précisé devant la presse, à l'issue d'une réunion avec ses homologues de la Défense et de la Marine marchande chez le Premier ministre, Antonis Samaras, qu'ils avaient discuté de mesures pour renforcer les contrôles en mer Égée.
« Une vague de migrants commence à être perceptible, elle n'a pas encore atteint la Grèce en nombre important, actuellement elle se dirige vers la Turquie, la Jordanie et l'Irak, mais le pays doit être prêt », a-t-il expliqué.
Le nombre de réfugiés syriens dans les pays limitrophes a dépassé le cap des 250 000, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). En Jordanie, le HCR a comptabilisé 85 197 réfugiés, dont 35 961 attendent d'être enregistrés. Au Liban, ils sont 66 915, en Irak 22 563 et en Turquie 78 431. Le sujet avait déjà été abordé le 23 juillet à Nicosie par les ministres de l'Intérieur de l'UE lors d'une réunion informelle. Les 27 avaient entre autres évoqué les moyens de répondre aux demandes d'asile des ressortissants syriens dans l'UE ou les contours de possibles plans de réinstallation de réfugiés syriens dans l'UE. Chypre avait mis l'accent sur sa capacité à accueillir en urgence près de 200 000 ressortissants internationaux piégés en Syrie.
La Grèce, pour sa part, est présentée comme la principale porte d'entrée de l'immigration illégale dans l'Union européenne, notamment via ses frontières avec la Turquie et fait l'objet, outre de critiques, d'une surveillance très étroite de la part de ses partenaires européens. Fin juin, un accord a été trouvé entre l'UE et Ankara pour que celle-ci reprenne les migrants arrivés dans l'UE via son territoire, qu'ils soient turcs ou d'autres nationalités. Le gouvernement turc a obtenu en échange le lancement de discussions sur un régime sans visas pour les citoyens turcs se rendant dans l'UE, mais à ce jour, dans l'attente de ce plan d'action de la Commission, la Turquie n'a toujours pas officiellement signé l'accord de réadmission de ses migrants.
Lundi, à Athènes, le gouvernement grec a par ailleurs annoncé un durcissement de ses mesures contre les immigrés illégaux, via une nouvelle loi qui prévoit des peines plus lourdes pour les immigrants sans papiers ayant commis des délits que pour les citoyens grecs ou les immigrés régularisés. (SP)