Strasbourg, 11/09/2012 (Agence Europe) - Des citoyens syriens ont demandé à la Communauté internationale et l'UE d'agir, et notamment de fournir des armes, mardi 11 septembre à Strasbourg en marge de la session plénière du Parlement européen. « Nous espérons que toutes les déclarations, que les paroles vont se transformer en actes. (…) Tout ce que nous demandons, c'est que l'on essaie de protéger les civils (et) au moins d'aider l'armée libre en fournissant des armes », a demandé Deiaa Aldeen Doghmugh, soulignant le désespoir de la société syrienne vis-à-vis de l'attitude de la Communauté internationale. Rami Al Jarrah a demandé à l'UE de répondre « le mieux possible » à la demande de création d'une zone « tout à fait vitale » d'interdiction de vol ('no fly zone'). Il a souligné la nécessité d'un comité de suivi pour pouvoir suivre la situation en Syrie. « Le Parlement européen a un rôle important à jouer dans ce contexte. L'Europe serait sans doute acceptée par l'opinion publique syrienne alors que d'autres pays seraient accusés de poursuivre des objectifs concernant la Syrie », a-t-il précisé.
De son côté, l'homme politique libanais Ahmad El Hariri a mis en garde contre une extension du conflit syrien au Liban. Il a appelé l'UE à faire pression sur les Nations unies pour voir comment utiliser l'Unifil, la force onusienne postée au Sud Liban, pour contrôler la frontière dans la mesure où, selon lui, des troupes du Hezbollah libanais aident le régime syrien. Précisant que de nombreux réfugiés au Liban ne sont pas aidés par le gouvernement libanais, M. El Hariri a souligné le besoin d'une mission d'observation européenne afin d'identifier ces réfugiés, éparpillés dans le pays. Il a aussi estimé nécessaire d'aider l'armée libanaise « car il faut maintenir la stabilité au Liban ».
Priorité à l'humanitaire au niveau européen
Lors du débat en plénière, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a mis en avant la « priorité absolue » de la situation humanitaire en Syrie tout en rappelant que l'UE continuait à œuvrer sur les fronts politique et diplomatique. Un soutien est apporté à l'opposition pour qu'elle s'unisse et parvienne à définir un plan viable pour le futur. Mme Ashton a précisé qu'il fallait agir maintenant. « Attendre n'est pas une option. La priorité est d'arrêter, ou au moins de réduire, la violence et les morts », a-t-elle souligné, précisant qu'il fallait tout faire pour promouvoir une transition politique. Si Mme Ashton a appelé une fois de plus l'opposition à s'unir, elle a également demandé à la Communauté internationale d'unir ses efforts derrière l'envoyé spécial de l'Onu et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, afin d'« assurer une coordination complète » et de permettre « des résultats tangibles ». De trop nombreux « groupes et initiatives » ont été testés, a-t-elle estimé. Pour la Haute Représentante, « une solution peut seulement venir d'un renouveau des efforts diplomatiques impliquant tous les partenaires ».
D'après José Ignacio Salafranca (PPE, Espagnol), « le moment est venu de prendre des décisions (et) de passer de la parole aux actes ». Il a interrogé Mme Ashton sur les corridors humanitaires, les zones d'exclusion aérienne, sur l'armement de l'opposition. Véronique de Keyser (S&D, Belge) et Guy Verhofstadt (ADLE, Belge) ont estimé qu'il était difficile de parler de transition politique, « du jour d'après », sans que le conflit soit réglé. Rui Tavares (Verts/ALE, Portugais) a, quant à lui, appelé les États membres à accueillir des réfugiés syriens. (CG)