Nicosie, 11/09/2012 (Agence Europe) - En cas d'accord, fin 2012, sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020, un accord sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) pourrait être atteint « en mars ou en avril » 2013, a estimé le ministre irlandais de l'Agriculture, Simon Coveney, lundi 10 septembre à Chypre. « Sinon, il y aura une pression sur la PAC pour un accord en mai ou en Juin. L'Irlande aura une présidence charnière, et préférerait être en mesure de se concentrer sur la PAC », a-t-il dit à la presse. Il a noté les « très bons progrès » réalisés au cours des six derniers mois et estimé que les relations entre la Commission et le Parlement européen étaient meilleures qu'elles ne l'étaient auparavant.
En matière de convergence des aides directes, un des points difficiles de la réforme de la PAC, M. Coveney a considéré que les pays de l'UE avaient besoin de flexibilité dans le rythme et le niveau de convergence. Il a relevé que la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Slovénie se sont montrés intéressés par les idées proposées par l'Irlande, le Portugal, l'Italie et l'Espagne. Selon ces États membres, la convergence devrait être progressive et limiter les pertes pour certains pays.
Sur le budget 2014-2020, le ministre a admis qu'il y aurait probablement une certaine réduction du budget global. Certains États membres adoptent une ligne dure, ce qui constitue un « positionnement politique normal ».
Les grands pays de l'UE finiront par trouver une position quelque part entre la position où ils se situent maintenant et la proposition de la Commission, a dit M. Coveney. « Des réductions du budget de la PAC seraient préjudiciables », a-t-il affirmé. Le PE a le droit d'avoir une position dure sur la question budgétaire mais, en fin de compte, ce sont les États qui devront sortir l'argent, a-t-il conclu.
Interrogé lui aussi sur les risques d'une diminution du budget de l'UE, notamment sur le volet agricole, le commissaire chargé de l'Agriculture, Dacian Ciolos a dit qu'il n'avait pas l'intention de modifier ni la proposition budgétaire sur la PAC ni celles sur la réforme de la PAC. « On verra bien ce qu'il adviendra. C'est vrai que la décision (sur le budget 2014-2020, NDLR) aura une influence sur la réforme de la PAC », a-t-il reconnu. Il a plaidé pour la responsabilité politique des dirigeants européens: « Quand nous voyons les effets du changement climatique et d'autres choses, comme la perte de fertilité des sols, ce sont des choses réelles que nous ne pouvons pas ignorer à moyen terme. Nous devons nous assurer que les agriculteurs ont une production durable ». Il a dit comprendre la situation économique difficile que traversent les États membres, « mais le budget de l'UE ne peut pas être comparé aux budgets nationaux, car c'est un budget d'investissement ». (LC)