login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10659
Sommaire Publication complète Par article 22 / 35
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) japon

Libre-échange, le secteur automobile européen sceptique

Bruxelles, 19/07/2012 (Agence Europe) - Après l'accord entré en vigueur en 2011 avec la Corée du Sud, qu'ils jugent déjà déséquilibré, les constructeurs européens craignent d'être à nouveau désavantagés dans le cadre d'un accord de libre-échange avec le Japon, que la Commission propose à l'UE de négocier.

Dans un communiqué publié après que le commissaire De Gucht ait rendu publique, mercredi 18 juillet, la volonté de l'exécutif européen de négocier un accord de libre-échange avec le Japon, l'association des constructeurs automobiles européens exprime de sérieux doutes quant aux avantages de ce pacte pour leur industrie. Pour l'ACEA, les travaux préparatoires de l'exercice de délimitation du champ de l'accord (scoping exercise) ont été « insuffisants » et « ne créent pas les conditions propices » au lancement de négociations de libre-échange avec l'archipel nippon. La feuille de route pour l'automobile qui en découle « est trop vague » et « manque de clarté » tant en termes de méthodes précises pour démanteler les barrières non tarifaires que de délais à respecter. En outre, l'accord avec le Japon demandera à l'industrie européenne de démanteler ses droits de douane (établis à 10%) pour faire économiser aux constructeurs nippons 1,2 milliard d'euros par an de droits et 1 500 euros pour chaque voiture nippone importée. Ce qui pourrait engendrer une chute de la production européenne de quelque 160 000 unités, et donc des pertes d'emploi dans l'UE, avertit le secrétaire général de l'ACEA, Ivan Hodac. « Si l'Europe réduit ses tarifs, le Japon doit retirer les barrières non tarifaires. Sinon, les règles du jeu ne sont pas équitables », insiste-t-il.

L'ACEA veut en outre que ses véhicules, « parmi les sûrs et propres du monde », puissent entrer et être vendus sur le marché nippon sans être modifiés pour répondre aux exigences de Tokyo en matière de sécurité et de protection de l'environnement. L'industrie européenne est également préoccupée par les avantages dont bénéficient les voitures japonaises kei, véhicules de très petite dimension (35% du marché nippon), qui jouissent de « prestations financières ». Des avantages dont les petites voitures européennes semblables devront également bénéficier, sinon ils devront être éliminés, insiste M. Hodac. Le secrétaire général de l'ACEA souligne aussi que le Japon n'est pas un marché en croissance, même pour les véhicules fabriqués dans ses frontières, et ses perspectives sont « sombres ». L'institut de recherche Mitsubishi a lui-même évalué un déclin du marché intérieur nippon de 660 000 unités par an entre 2010 et 2020. « L'accord de libre-échange proposé représente donc une opportunité pour le Japon de consolider ses niveaux d'exportation vers l'UE, marché qui souffre de ses propres problèmes de surcapacité, pour compenser son marché en déclin et maintenir son niveau d'emploi », avertit M. Hodac. Enfin, l'ACEA doute qu'un tel accord aide l'industrie automobile de l'UE à pénétrer davantage le marché nippon, où ses véhicules ne représentent que 4% de part de marché. Pire, il pourrait aggraver le déficit commercial actuel du secteur automobile de 5 milliards d'euros.

Mercredi, le commissaire Karel De Gucht a assuré que l'UE ne réduirait pas ses tarifs avant que le Japon délivre des résultats concrets sur la levée de ses barrières réglementaires dans le secteur automobile, convenue dans le cadre d'une feuille de route. Mais, interrogé sur les critiques du secteur automobile, M. De Gucht a encouragé l'industrie automobile européenne à se restructurer plutôt qu'à reporter la responsabilité de ses difficultés en matière de compétitivité sur les accords de libre-échange avec l'Asie. (EH)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - ÉDUCATION
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE