Bruxelles, 19/07/2012 (Agence Europe) - Le directeur exécutif de l'Agence européenne des médicaments (EMA), Guido Rasi, a annoncé que, dans un souci de transparence, l'institution allait publier les procès verbaux et ordres du jour de ses comités scientifiques. Fraîchement nommé à son poste (en novembre 2011), M. Rasi avait fait de la transparence l'une de ses priorités. « Cette dernière initiative représente une part importante de la divulgation de nos activités au public, afin de renforcer la confiance et la réputation de l'Agence en tant qu'institution de santé publique », a déclaré M. Rasi.
Cette décision permettra aux chercheurs indépendants de se documenter grâce aux milliers de pages de résultats d'essais cliniques menés par les industriels. L'ouverture des archives a débuté cette semaine avec les documents répertoriés par le Comité pédiatrique (PDCO), et se poursuivra avec la publication des documents du Comité consultatif pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) et du Comité des médicaments orphelins (COMP). Les documents centralisés par les quatre comités restants seront ensuite publiés à intervalles réguliers. L'entièreté des documents sera rendue publique avant la fin de 2013, promet l'Agence. Cette dernière tiendra en novembre prochain une conférence afin d'envisager les moyens à mettre en œuvre pour un accès rapide et régulier à une quantité importantes de données, ce qui pourrait ne pas plaire à l'industrie pharmaceutique. Celle-ci n'aura toutefois pas le choix puisque la réglementation européenne oblige les entreprises pharmaceutiques à soumettre à l'Agence leurs données avant la commercialisation de leurs médicaments.
L'EMA souhaite visiblement redorer son blason, après avoir été accusée de n'avoir pas communiqué des informations importantes sur la dangerosité des effets secondaires de certains médicaments comme le Mediator ou le Septrin, poussé dans le dos par le Médiateur européen qui a estimé que la protection de données sur les essais cliniques, sous le prétexte du secret industriel, était contraire à l'intérêt général. Au cours des 18 derniers mois, l'EMA a rendu publiques plus de 1,5 million de pages de résultats cliniques, plus de 100 fois le volume publié en 2009-2010. (IL)