Bruxelles, 19/07/2012 (Agence Europe) - Les priorités de la présidence chypriote dans les domaines de l'emploi et des affaires sociales ont été établies sous le spectre de la crise économique, c'est-à-dire un taux de chômage record au sein de la zone euro (presque 11%), une croissance faible et des risques accrus d'exclusion sociale pour de nombreux Européens. En cela, les priorités ne se distinguent que marginalement de celles adoptées par les présidences précédentes, en se focalisant sur la cohésion sociale, sur l'emploi et la participation des partenaires sociaux dans l'accomplissement de la stratégie EUROPE 2020. La formule choisie pour les six prochains mois est celle de « Vers une meilleure Europe », en soulignant, entre parenthèses, que c'est en vue « d'assurer une meilleure qualité de vie ».
Les trois priorités. Le « renforcement de la cohésion sociale » vise deux groupes de la population: les enfants et les personnes âgés. Le bien-être des plus jeunes devrait être à l'agenda du prochain Conseil EPSCO (emploi, politique sociale, santé et consommateur) formel, qui aura lieu en octobre 2012. La présidence chypriote prévoit également d'y consacrer une conférence, mais celle-ci n'en est encore qu'au stade de projet. Pour les plus âgés d'entre les Européens, Nicosie souhaite tirer les meilleures leçons de l'« Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations » (2012), en promouvant leur inclusion sociale et en combattant l'idée d'associer vieillesse et inactivité. La seconde priorité, qui concerne l'emploi, sera complètement dévolue au chômage des jeunes. En cela, Chypre espère que dans les six mois le Conseil parviendra à adopter des conclusions relatives à l'apprentissage et aux stages des jeunes, en suivant des propositions non-législatives (« les garanties pour les jeunes ») que la Commission européenne s'apprête à dévoiler après la pause estivale. La dernière priorité est liée à l'implication des partenaires sociaux et des acteurs locaux dans les politiques sociales au niveau européen et national. Un sujet qui a déjà été largement débattu durant le dernier Conseil EPSCO informel (EUROPE nº10655).
Le travail législatif. De nombreux projets législatifs sont soit en attente de conclusion, soit suspendus, sans réelle perspective de voir des avancées substantielles dans les six prochains mois. La présidence chypriote garde ainsi un certain optimisme s'agissant de l'avenir du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) et de la directive sur les champs électromagnétiques. Toutefois, pour le FEM, une minorité d'États persistent « fermement », selon une source européenne, dans leur volonté d'arrêter le programme dès 2014. Pour la directive, si un accord semblait acquis sur l'ensemble du texte, certaines délégations continueraient à amender le cœur de la directive, alors que des divergences existent toujours au sujet de détails techniques dans les annexes. Les espoirs de la présidence chypriote semblent néanmoins justifiés pour aboutir à un accord au sujet de la directive clarifiant les règles qui concernent les travailleurs détachés. Les travaux avancent bien, selon cette même source, y compris sur la question de la responsabilité conjointe et solidaire. Mais l'autre versant de ce dossier, la proposition de réglementation Monti II, reste suspendu, après un « carton jaune » adressé par 18 parlements nationaux à la Commission. La présidence actuelle du Conseil attend ainsi de voir la réaction de celle-ci. Par ailleurs, Nicosie devra faire progresser les discussions sur la mise en place du nouveau programme européen pour le changement social et l'innovation sociale, l'instrument d'aide à la mise en œuvre des politiques sociales et de l'emploi proposé par la Commission pour le cadre financier 2014-2020. Finalement, Chypre veut « raviver » les débats sur les directives relatives au congé de maternité et à la sauvegarde des droits à pension complémentaire des travailleurs migrants au sein de l'UE. (JK)