Bruxelles, 19/07/2012 (Agence Europe) - D'ici à la fin de l'année, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fera son possible pour fournir à la Commission européenne de nouveaux avis scientifiques sur trois OGM destinés à la culture - y compris le maïs MON 810, autorisé dans l'UE depuis 1998 mais soumis à des clauses de sauvegarde dans 10 États membres -, a confirmé l'EFSA, jeudi 19 juillet. Il est donc improbable que la Commission puisse cette année encore décider de contraindre la France à lever sa mesure d'interdiction temporaire de la culture du MON 810 (EUROPE n° 10632), et qu'elle puisse procéder à toute nouvelle autorisation de culture d'OGM - à la grande satisfaction de l'institut TEST Biotech.
C'est en juin dernier, quelques jours après le dernier Conseil Environnement sous la présidence danoise, quand elle eut sondé le pouls des États membres sur sa proposition de juillet 2011 - toujours dans l'impasse - visant à autoriser les 27 à limiter ou interdire la culture d'OGM autorisés - que la Commission européenne a demandé à l'EFSA de lui soumettre des avis scientifiques mis à jour sur le maïs MON 810 de Monsanto, mais également sur le maïs 1507 de Syngenta et le maïs bt11 de Pioneer pour lui permettre de prendre des décisions. Pour chacun de ces trois maïs transgéniques, la Commission invitait l'EFSA à faire œuvre de synthèse pour rassembler, en un seul avis par OGM, tous ses avis et déclarations antérieurs en tenant compte des dernières informations disponibles relatives à l'évaluation des risques environnementaux de ces maïs transgéniques destinés à la culture. Cela « afin de permettre aux gestionnaires des risques de disposer de tous les éléments nécessaires et à jour, pour progresser dans la phase de décision », précisait la Commission européenne. Invitée à soumettre ces avis pour le 15 septembre, l'EFSA a répondu le 11 juillet qu'elle s'efforcerait de fournir une déclaration d'ici au mois de décembre pour le MON 810, et le bT 11, et d'ici à la fin du mois d'octobre pour le maïs 1507.
L'EFSA ayant constamment conclu à l'innocuité de ces maïs pour la santé et l'environnement (la dernière fois le 21 mai pour le MON 810 - EUROPE n°10619), TEST Biotech voit dans ces nouveaux développements une remise en cause des avis antérieurs de l'EFSA et un aveu qui ne dit pas son nom. « Pour nous, c'est un premier signe que la Commission reconnaît que l'évaluation actuelle des risques des cultures génétiquement modifiées doit être considérablement améliorée. Si l'EFSA était honnête, elle admettrait qu'il n'y a pas de connaissance précise sur le contenu de la toxine BT dans les plantes. Au cours des dix dernières années il y a eu des problèmes criants avec l'indépendance des experts OGM à l'EFSA. Maintenant, les avis qui étaient déjà finalisés, sont remis en question », affirme Dr Christoph Then de TEST Biotech. (AN)