login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10655
Sommaire Publication complète Par article 14 / 35
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transport

Sécurité routière, renforcer les contrôles techniques

Bruxelles, 13/07/2012 (Agence Europe) - Si l'Union européenne veut atteindre l'objectif d'une réduction de moitié des accidents de la route d'ici 2020, il va falloir multiplier les actions. D'autant plus que les bons résultats engrangés lors de la dernière décennie ne se sont pas confirmés l'année dernière, surtout dans des États membres réputés pour leur zèle (comme l'Allemagne ou la Suède). Pour respecter le calendrier ambitieux de l'UE, la Commission a proposé, vendredi 13 juillet, d'harmoniser les modalités relatives aux contrôles techniques pour les voitures mais surtout les motos et scooter. Elle répond par là à un constat accablant: les défaillances techniques des véhicules sont responsables de 6% des accidents de voiture et 8% des accidents de moto. Derrière ces pourcentages, ce sont 2000 décès par an, sans compter les blessés, qui surviennent sur les routes européennes à cause de voitures en mauvais état et trop vieilles.

Sécurité pour tous les Européens. « Si vous conduisez une voiture qui n'est pas en ordre pour circuler sur les routes, vous constituez un danger pour vous-même et pour tous les passagers - votre famille, vos amis, vos collègues. Mais vous êtes aussi un danger pour tous les autres usagers de la route qui vous entourent. C'est très simple: nous ne voulons pas de ces voitures potentiellement mortelles sur nos routes », a expliqué le commissaire européen en charge du transport, Siim Kallas. Il a donc proposé de revoir pas moins de trois directives européennes relatives au contrôle technique et à l'immatriculation pour harmoniser les normes de contrôle et de sécurité des voitures dans toute l'Europe, car tout le monde a droit à la sécurité routière, dans tous les États membres.

Des standards revus à la hausse. Dans toute l'Union, le contrôle technique est déjà obligatoire pour les voitures, mais certains États membres l'exigent plus régulièrement ou sont plus rigoureux dans les évaluations. La Commission entend harmoniser tout ça, surtout en fonction de l'âge d'un véhicule et de son kilométrage. En effet, une voiture de plus de 5 ou 6 ans est beaucoup plus sujette à des défaillances techniques occasionnant des accidents mortels. Tous les véhicules immatriculés en Europe devront donc être contrôlés une première fois après 4 ans. Le prochain contrôle devra se faire deux ans plus tard (quand la voiture a 6 ans), et ensuite tous les ans afin de bien surveiller le risque d'incidents techniques. Pour les voitures ayant au compteur plus de 160 000 kilomètres par an (soit autant qu'un taxi ou une ambulance), les règles seront plus strictes encore car l'inspection devra se faire annuellement dès que le véhicule aura 5 ans. Et dans ces cas-là, ce sont 12 pays qui devront ajuster leur législation, soit prés de la moitié des États membres.

Le contrôle technique devrait devenir obligatoire pour tous les scooters et motocycles, « qui sont les usagers de la route les plus vulnérables », rappelle aussi le commissaire. Actuellement 11 pays européens n'exigent aucun contrôle des deux roues ; une fois la législation européenne adoptée, ils devront impérativement soumettre ces véhicules à une inspection, sous le même régime que les voitures.

Parmi les autres améliorations mises en avant par la Commission, il sera question d'améliorer aussi la qualité des contrôles techniques en établissant des standards harmonisés pour tout le continent. Il s'agira de classer les défaillances techniques par degré de gravité, mais aussi d'assurer que les équipements de test et la formation des inspecteurs respecte des niveaux minimums. Aussi, sera-t-il obligatoire d'enregistrer à chaque contrôle technique le kilométrage (pour éviter la fraude), et de vérifier les composants électroniques, comme l'airbag ou les systèmes de freinage, tout aussi vulnérables que les composants mécaniques.

Utilité remise en cause. Mais ces nouvelles dispositions ne seront pas d'application du jour au lendemain. Il faudra attendre environ 2 ans de procédure législative avant que les États membres se plient à ces règles, certes coûteuses (il faut compter en moyenne 40 à 50 euros pour un contrôle technique), mais véritables atouts pour la sécurité routière. L'investissement en vaut la peine, car 1 200 vies pourraient être sauvées chaque année sur les routes européennes, et 36 000 accidents pourraient aussi être évités en faisant mieux la chasse aux défaillances techniques. Toutefois, la branche européenne de la Fédération internationale des automobilistes (FIA) demande à voir et des revendications allemandes ne sont pas loin: « Avant que des tests plus réguliers des voitures plus âgées deviennent obligatoires, la Commission doit prouver que les bénéfices pour la sécurité de ces changements compensent les coûts associés pour le consommateur », demande
M. Bangsgaard, le directeur général. Il rappelle aussi des statistiques allemandes qui démontrent que les vieilles voitures impliquées dans des accidents étaient plus souvent conduite par des jeunes… De quoi alimenter la controverse. (MD)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - ÉDUCATION - CULTURE
ACTION EXTÉRIEURE
CALENDRIER