Bruxelles, 05/07/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne continue de suivre très attentivement la situation politique en Roumanie où une procédure de destitution du président Traian Basescu a été lancée par la coalition de centre-gauche du Premier ministre Victor Ponta, a indiqué jeudi 5 juillet Olivier Bailly, porte-parole de l'institution. La Commission intégrera par ailleurs ses réactions au prochain rapport du Mécanisme de coopération et de vérification (CVM), qui doit évaluer les progrès de la Roumanie et de la Bulgarie en matière d'état de droit et qui sera publié dans le courant du mois, a encore indiqué Olivier Bailly. Ce rapport CVM, pour rappel, doit aussi servir de base à une décision des ministres de l'Intérieur concernant l'élargissement de Schengen.
Les élus de l'Union sociale-libérale (USL) ont accusé mercredi 4 juillet le président d'avoir « gravement enfreint la Constitution », rapporte l'AFP et ont prévu un vote vendredi sur cette destitution. Pour les élus de la coalition, cette destitution leur permettra de « mettre fin au blocage » causé selon eux par M. Basescu et qui l'empêche de gouverner. L'USL accuse notamment M. Basescu d'avoir mené des actions « susceptibles de mettre en danger le fonctionnement des institutions de l'État », en s'attribuant des prérogatives réservées au gouvernement et en soutenant des mesures d'austérité « qui ont appauvri la population », poursuit l'AFP, ce que le président Basescu conteste fermement.
Le 3 juillet, la commissaire Viviane Reding s'était inquiétée de ces développements politiques internes et jeudi 5 juillet, le ministère des Affaires étrangères français a également appelé l'exécutif roumain « à respecter les valeurs démocratiques et l'état de droit » ainsi « que l'équilibre des pouvoirs dans le cadre des institutions qui sont les leurs », a dit le porte-parole du ministère, Bernard Valero. (SP)