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Bulletin Quotidien Europe N° 10649
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) dÉveloppement durable

Les eurodéputés jugent sévèrement RIO+20

Bruxelles, 05/07/2012 (Agence Europe) - Les députés européens ont été unanimes, jeudi 5 juillet à Strasbourg, à se dire déçus par les résultats du sommet du développement durable RIO +20 (20-22 juin derniers), lors du débat d'analyse de cet événement. La déclaration de ce sommet, intitulée « L'avenir que nous voulons » ne correspond en rien à leurs attentes puisqu'elle ne comprend aucun objectif contraignant et aucun calendrier susceptible d'acheminer le monde vers l'économie verte et l'éradication de la pauvreté (EUROPE n° 10641). Leur jugement sévère sur cette 'grand-messe' à laquelle le Parlement avait renoncé à dépêcher une délégation, par souci d'économie en période de crise, contraste avec le bilan plus nuancé qu'en dresse Janez Potocnik, commissaire européen à l'Environnement.

Celui a remercié « les députés qui ont participé au sommet à leurs propres frais » et reconnu que la déclaration finale était « moins ambitieuse que ne l'espérait l'UE » qui voulait la fixation d'un calendrier pour des objectifs concrets et une transformation du PNUE en véritable agence mondiale de l'environnement, mais « c'est un pas dans la bonne direction ». C'est la nécessité d'une bonne mise en œuvre et le caractère d'urgence qui explique que l'UE ait finalement soutenu le texte a-t-il précisé. « À Rio, aucun pays n'a atteint les objectifs qu'il s'était fixés. On s'est mis d'accord sur beaucoup d'éléments utiles. Maintenant il faut mettre l'accent sur la mise en œuvre. Rio est-il un succès ou un échec ? La réponse dépendra de ce qu'on fera de ce document. Nous comptons sur vous pour maintenir le cap. Il faut du courage, de la cohésion mais aussi du temps. L'horloge tourne, rien n'empêche d'agir au niveau de l'UE », a lancé le commissaire,

Au nom du PPE, Karl-Heinz Florenz (Allemagne), qui n'est pas allé à Rio, a résumé la déception de son groupe en demandant « Comment est-il possible que les techniciens à Rio avaient déjà un résultat ficelé d'avance ? ». Et d'appeler à ce qu'à l'avenir, l'on envisage d'autres formes d'organisation permettant à ceux qui le veulent d'avancer.

Au nom du groupe S&D, Vittorio Prodi (Italie) a déploré l'absence d'objectifs contraignants et s'est dit « beaucoup moins optimiste » que le commissaire. « Sans Obama, sans Merkel, qu'est ce cela veut dire ? Il n'y a qu'eux qui puissent prendre les décisions. Il n'y a que ceux qui ne veulent pas bouger qui sont contents. L'incendie est là et nous ne faisons rien pour lutter contre lui ! », s'est-il exclamé. Il a notamment insisté sur l'urgence de garantir « l'équité dans l'accès aux ressources naturelles ».

Au nom du groupe ADLE, Gerben-Jan Gerbrandy (Pays-Bas), qui a participé au sommet, estime que « l'UE a été isolée à Rio, et ce pour deux raisons: le monde développé ne souhaite pas revoir son ambition en matière de croissance, et Rio +20 est davantage un sommet social qu'un sommet sur la durabilité ». Selon elle, « il faut des partenariats bilatéraux avec les pays qui souhaitent verdir leur économie et aussi donner la priorité aux relations commerciales avec ces pays ». Elle a également plaidé pour une approche 'bottom-up' avec une plus grande participation des entreprises « puisque l'approche top-down n'a pas fonctionné ».

Au nom des Verts/ALE, Sandrine Bélier (France) a qualifié le sommet de « grand bond sur place » et déploré « le report à 2015 de tout engagement ». Remerciant l'UE et Janez Potocnik de « porter l'ambition de la transition écologique », elle estime toutefois qu'à Rio, « nous avons manqué d'exemplarité, faute d'apporter la preuve par l'exemple ». Aussi plaide-t-elle pour que l'UE engage les financements innovants, progresse dans la fiscalité écologique et mette un terme aux énergies fossiles. « Il faudrait que le sucre de canne décolle dans l'UE », estime Marina Yannakoudakis s'exprimant pour le groupe ECR.

Au nom du groupe GUE/NGL, Kartika Liotard (Pays-Bas) a déploré et jugé ridicule qu'à Rio, aucun accord n'ait été trouvé pour lutter contre la déforestation. Pour son collègue du même groupe Joao Ferreira (Portugal), rien de nouveau sous le soleil: « Nous avons assisté aux mêmes blocages et aux mêmes contradictions à Rio +20 qu'aux sommets précédents ». La seule différence, c'est qu'« on a présenté comme la solution le concept vague et mal défini d''économie verte', sorti d'un chapeau ». Or, fait-t-il observer « un véritable développement durable fondé sur une relation durable entre l'homme et la nature ne sera pas possible sans remettre en cause les lois et la doctrine du capitalisme ». (AN)

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