Bruxelles, 12/06/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne campe sur ses positions. Ses services ne préparent aucun plan de sortie d'Athènes de la zone euro, a-t-elle martelé mardi 12 juin, à quelques jours d'élections législatives cruciales en Grèce. Des discussions préparant divers scénarios, tels qu'un abandon par la Grèce de la monnaie unique, ont eu lieu entre représentants des pays de la zone euro, a affirmé l'agence Reuters. Auraient été évoquées des hypothèses extrêmes telles qu'un blocage des retraits d'espèces aux guichets automatiques et un rétablissement des frontières afin d'éviter la fuite des capitaux.
« Nous ne sommes pas informés de tels plans, au sein de la Commission européenne, qui conduiraient à préparer de tels scénarios », a indiqué un porte-parole de l'institution européenne. Qui a réitéré les propos - toujours « valables » aujourd'hui - du président Barroso lors du dernier Conseil européen: « Il y a un processus démocratique en cours en Grèce. Nous devons le respecter et attendre que les Grecs décident de leur avenir. Il ne faut pas dévier de notre trajectoire en promouvant des scénarios spéculatifs. Nous voulons que la Grèce reste dans l'Eurozone. Pour cela, nous nous tiendrons aux côtés de la Grèce ». Selon le porte-parole, l'Espace Schengen prévoit une possibilité d'un retour aux restrictions à la libre circulation mais uniquement pour « une raison d'ordre et de sécurité publics ».
La Grèce au PE. Au Parlement européen, les Verts demandent la renégociation du programme grec. Les Allemands Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit ont appelé à une rénégociation des accords signés avec la Grèce après les élections législatives du dimanche 17 juin. « Quel que soit le résultat dimanche prochain, il faudra renégocier avec la Grèce. (…) Il ne faut pas dire que l'on met le mémorandum à la poubelle mais il faut le réaménager », a estimé M. Cohn-Bendit. « L'Europe doit reconnaître que la Grèce ne peut pas continuer comme cela et la Grèce doit reconnaître qu'elle ne peut pas continuer comme ça », a-t-il ajouté. Selon Mme Harms, les citoyens grecs ont « compris que des réformes sont nécessaires » pour rester dans l'Eurozone, mais les objectifs du 2ème programme grec sont fixés « dans des délais trop brefs ».
Pour le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, une sortie de la Grèce de la zone euro doit être évitée. Si Athènes quitte la zone euro, « ce ne sera pas bien pour les citoyens grecs et il n'y aura plus de changement dans son système ». « La Grèce se retrouvera dans une spirale de réadaptation de la valeur de sa monnaie. Ses problèmes ne seront pas résolus par un changement de système mais par une dévaluation », a-t-il prévenu, demandant davantage de réformes structurelles dans le pays. (MB/CG)