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Bulletin Quotidien Europe N° 10632
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

Pour Rehn, le moment est venu d'aller vers une union financière

Bruxelles, le 12/06/2012 (Agence Europe) - Il n'y aura pas de nouvelles conditions imposées à l'Espagne sur les politiques budgétaires et les réformes structurelles, a affirmé lundi 11 juin devant les eurodéputés le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Il a cependant confirmé que la restructuration et la recapitalisation du secteur bancaire espagnol se feraient avec l'expertise de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Le commissaire, qui était à Strasbourg pour y rencontrer les membres de la commission parlementaire des Affaires économiques et monétaires, a alors parlé d'un « signal clair » envoyé par la zone euro sur sa détermination et sa capacité à faire face aux défis, arguant que la « ligne de crédit » accordée à l'Espagne contiendrait la contagion de la crise aux autres pays membres de la zone.

Il a toutefois rappelé que l' intensification récente de la crise des dettes souveraines prouvait qu'il fallait aller au-delà des accomplissements déjà réalisés et commencer à réfléchir à de nouvelles étapes vers une union économique mais également compléter et renforcer l'union monétaire existante.

Selon M. Rehn, les États doivent montrer leur engagement politique envers l'euro afin de restaurer la confiance dans la zone. Selon lui, aucune réponse isolée ne pourrait apporter de solution convaincante aux problèmes auxquels les Dix-sept font face.

En réponse à Marianne Thyssen, eurodéputé belge PPE, qui lui demandait si le moment des décisions de grande envergure était venu, il a déclaré « oui, c'est le bon moment. Nous avons besoin d'une feuille de route concrète d'ici le prochain Conseil européen et d'établir des objectifs à moyen terme ». Il a par ailleurs rejeté l'idée d'une union fiscale à ce stade l'estimant irréaliste puisque les États membres n'étaient pas prêts à renoncer à leur veto. « Cependant, déjà, à court terme, davantage pourrait être fait pour renforcer le secteur financier en Europe (…) ou pour établir une union financière afin de compléter l'union économique et monétaire », a-t-il souligné. Il a alors pointé les progrès réalisés sous l'égide du commissaire Barnier, dont la récente proposition sur le sauvetage bancaire constituera « une pièce manquante majeure» et une étape de plus vers une union bancaire.

Il a toutefois rappelé qu'une mutualisation de la dette devrait être contrebalancée par des règles strictes en matière budgétaire pour tous les États membres participants et que le partage des risques devrait être accompagné d'intérêts équilibrés. Il a également estimé que cela ne pourrait être réalisé sans avoir eu, au préalable, un vrai débat sur la souveraineté budgétaire. (EL-stag)

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