Luxembourg, 11/06/2012 (Agence Europe) - Les ministres de l'Environnement des 27 veulent un 7ème programme d'action pour l'environnement (PAE) ambitieux qui fixe les nouvelles orientations de la politique environnementale pour les prochaines années pour guider l'UE vers une économie verte, efficace dans l'utilisation des ressources et sobre en carbone. Ce PAE devra, pour ce faire, s'appuyer sur la stratégie EUROPE 2020 et sur la vision horizon 2050 telle qu'énoncée dans la feuille de route pour l'efficacité des ressources et pour la transition vers une économie à faible intensité de carbone, ont-ils précisé lors du Conseil Environnement du 11 juin à Luxembourg. Le temps presse car le PAE actuel expire le 15 juillet. Le Conseil presse donc la Commission européenne d'identifier les priorités et les ambitions du 7ème PAE ainsi que des objectifs chiffrés réalistes et atteignables et des indicateurs et des actions efficaces du point de vue coût à l'horizon 2020. Le Conseil demande que le 7ème PAE traite de la biodiversité, du changement climatique, de l'eau, de l'environnement urbain, des liens entre l'environnement et la santé.
Les conclusions unanimes adoptées par le Conseil sont le fruit d'un compromis obtenu de haute lutte par Ida Auken, la ministre danoise qui a présidé la session. Fidèle à elle-même, la Pologne, soutenue par la Bulgarie et la République tchèque, s'opposait à ce qu'à propos de la lutte contre le changement climatique soit mentionnée dans le texte la prise en compte de la feuille de route vers une économie à faible intensité de carbone - au grand dam de la Belgique, soutenue par la France. Le problème a pu être résolu une fois l'assurance donnée oralement par Janez Potocnik, que la proposition que présentera la Commission « avant la fin de l'année » tiendra bel et bien compte de la feuille de route vers une économie à faible intensité de carbone à l'horizon 2050. Suivant la suggestion de compromis de l'Allemagne, les conclusions sur ce point s'en tiennent au langage des conclusions du Conseil européen de mars, en faisant référence à la stratégie de l'UE visant une réduction de ses émissions de 80% à 95% à l'horizon 2050 (par rapport aux émissions de 1990).
« Le plus important c'est de ne pas donner l'impression que la politique d'efficacité des ressources et de lutte contre le changement climatique reposent sur des bases différentes. Que ce soit écrit ou pas, nous tiendrons compte de la feuille de route vers une économie à faible intensité de carbone horizon 2050. Je vous rappelle notre droit d'initiative », a déclaré Janez Potocnik aux ministres. Précédemment, Beata Jczewska, secrétaire d'État polonaise avait estimé que « mieux vaut parler de réduction des émissions que faire référence à la feuille de route 2050 » car il ne faut « pas oublier les conditions liées à ces objectifs dans le cadre international ». La ministre belge Evelyne Huytebroeck, s'était vivement insurgée contre l'affaiblissement du texte, et la nouvelle ministre française, Nicole Bricq, lui avait emboîté le pas, jugeant elle aussi « qu'une stratégie de réduction des émissions ce n'est pas une feuille de route ».(AN)