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Bulletin Quotidien Europe N° 10631
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transport

Les compagnies aériennes lassées des politiques de l'UE

Bruxelles, 11/06/2012 (Agence Europe) - L'Association internationale du transport aérien (IATA ) a tiré un portrait peu enviable de secteur aérien en Europe lors de son assemblée générale à Pékin, lundi 11 juin. Les pronostics concernant les bénéfices des compagnies aériennes ne sont pas au beau fixe, notamment à cause du prix du pétrole. Mais la crise prolongée des dettes souveraines et le système d'échange de quotas d'émissions nuisent aussi gravement aux profits des compagnies aériennes, a déploré le directeur général de l'IATA, Tony Tyler. Dans son discours sur l'état de l'industrie aérienne, il n'a pas hésité à tirer à boulets rouges sur les gouvernements européens et leurs politiques, qui empêchent le secteur de l'aviation de jouer son rôle en faveur de la croissance.

Pertes dues au pétrole et crise de la zone euro. L'IATA prévoit cette année des pertes équivalentes à 1,1 milliard de dollars pour les compagnies aériennes européennes, un montant presque doublé par rapport aux premières estimations de mars (600 milliards). C'est avant tout du côté du prix de baril de pétrole qu'il faut chercher les causes de cette dégringolade. Bien que le prix du pétrole ait tendance à diminuer ces derniers temps, le carburant représente toujours un tiers des frais de fonctionnement de l'industrie. Mais ce n'est pas la seule chose qui inquiète l'IATA: « Le plus grand risque et le plus immédiat, cependant, c'est la crise de la zone euro, si cela évolue vers une crise bancaire, nous pourrions être confrontés à une récession à l'échelle du continent, qui tirerait vers le bas le reste du monde, ainsi que nos profits », a fait valoir M. Tyler, ajoutant que « pour les transporteurs européens, l'environnement commercial se détériore rapidement, ce qui se traduit en d'importantes pertes ».

ETS, pistolet sur la tempe. Or le secteur de l'aviation ne trouvera pas son salut dans les politiques européennes, a-t-il regretté: « Parallèlement, les transporteurs européens continuent d'être frappés par des régimes fiscaux élevés et à la hausse, des inefficacités dans la gestion du trafic et le dur prix à payer pour des politiques peu réfléchies ». En la matière, c'est toujours l'ETS qui retient l'attention de l'aviation. L'IATA, tout comme l'UE, se dit en faveur d'une solution concertée au sein de l'Organisation pour l'aviation civile internationale, mais l'association craint que cela soit « impossible dans ces conditions ». Aux yeux de son directeur général, il semble que l'Europe soit « plus engagée à mettre en place son ETS unilatéralement que de négocier sincèrement un accord multilatéral. Pour les contreparties internationales à l'UE, c'est comme si on leur demandait de négocier avec un pistolet sur la tempe ». Il juge durement cependant le recours à des mesures de représailles.

L'UE fait cavalier seul. Pour ce qui est de la taxation, l'Europe serait vraiment le mauvais élève pour l'IATA: « Regardez à Hong Kong, Singapour, et aux Émirats arabes unis. Ces gouvernements ne voient pas l'aviation comme un péché à taxer », a argumenté M. Tyler, regrettant que l'aviation soit trop perçue en Europe comme une vache à lait.

Ce que déplore également l'IATA, c'est le Ciel unique européen qui peine à voir le jour, en dépit des avantages importants qu'il pourrait dégager. « La majorité des États membres ne vont même pas respecter les objectifs ambitieux sur lesquels ils s'étaient mis d'accord », a lancé M. Tyler. Et de poursuivre, tout aussi amer, sur l'allocation des créneaux horaires de décollage et d'atterrissage que l'UE entend réviser pour répondre à un manque de capacité des aéroports: « L'Europe va faire cavalier seul - encore - et ignorer les standards internationaux », sans que le problème ne soit résolu. (MD)

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