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Bulletin Quotidien Europe N° 10628
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Renouvelables, Oettinger songe à du contraignant pour l'après 2020

Bruxelles, 06/06/2012 (Agence Europe) - Dans des orientations pour le soutien au développement des énergies renouvelables d'ici et après 2020, la Commission plaide pour la convergence des régimes nationaux de soutien et un recours accru aux mécanismes de coopération entre les États membres. Pour poursuivre une pénétration des énergies vertes salutaire pour le climat et assurer la pérennité d'un secteur en plein élan, dans une Europe en quête de croissance et d'emploi, Oettinger songe à des objectifs contraignants pour l'après 2020.

Pour que l'UE atteigne son objectif contraignant d'une part de 20% d'énergies renouvelables d'ici 2020, et pour garantir la pérennité de la pénétration des énergies vertes au-delà de cet horizon, la Commission plaide, dans une communication présentée le 6 juin, pour la convergence des régimes nationaux de soutien via leur réforme coordonnée et des échanges accrus d'énergies renouvelables entre les États membres. Et pour garantir la prévisibilité des investisseurs, l'exécutif européen propose de lancer dès à présent des discussions sur l'avenir du cadre réglementaire régissant leur développement.

Horizon 2020. Même s'ils devraient être atteints avant la fin de la décennie, la Commission indique quatre domaines clés où intensifier les efforts jusqu'en 2020 pour réaliser les objectifs fixés en matière d'énergies renouvelables, selon un bon rapport coût-efficacité. L'exécutif européen insiste en premier lieu sur la nécessité d'achever le marché intérieur de l'énergie et de prévoir des incitations à l'investissement dans la production d'énergie pour assurer une intégration sans heurts des renouvelables. Pour les régimes d'aide, la Commission donne la préférence aux régimes qui encouragent les réductions de coût et évitent les surcompensations, et plaide pour leur réforme coordonnée entre les États membres en vue de leur plus grande convergence, l'objectif étant d'éviter les barrières inutiles. L'exécutif européen encourage un recours accru aux mécanismes de coopération prévus dans la directive « renouvelables », qui permettent aux États membres de réaliser leurs objectifs contraignants nationaux en échangeant des énergies renouvelables - ainsi, un État membre pourra par exemple acheter de l'énergie d'origine éolienne ou solaire auprès d'un autre État membre ou d'un pays tiers, cette énergie lui revenant moins cher que la production solaire ou éolienne sur le territoire national. Enfin, la Commission suggère des améliorations du cadre réglementaire et plaide pour la coopération dans l'espace méditerranéen, où un marché intégré au Maghreb faciliterait des investissements à grande échelle dans une région d'où l'UE pourrait importer de l'électricité d'origine renouvelable.

Post 2020. Estimant que, sans cadre approprié favorisant davantage d'innovation et une baisse des coûts, la croissance des énergies renouvelables s'enrayera, la Commission propose d'entamer le processus de préparation des options envisageables pour la politique à mener et ses étapes à l'horizon 2030, sur la base de trois options autres que le statu quo. Soit l'UE se dote de nouveaux objectifs pour les gaz à effet de serre (GES) mais pas d'objectifs pour les énergies renouvelables, option où le système d'échange de quotas d'émissions serait le principal instrument pour réduire les émissions de carbone. Soit l'UE assigne à ses États membres trois objectifs nationaux en matière d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et de GES, soit elle se fixe ces objectifs pour elle-même. Mercredi, le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger s'est même dit « favorable à titre personnel » à un objectif contraignant plus élevé en 2030 pour les énergies renouvelables. Pour l'exécutif européen, la définition, aussitôt que possible, des étapes à l'horizon 2030 permettra aux producteurs d'énergies vertes d'améliorer leur position concurrentielle sur le marché européen de l'énergie, l'idée étant de ne plus subventionner les techniques les plus matures (éolien et solaire), mais confrontées au problème que l'électricité produite par leur biais ne peut être stockée.

Le secteur éolien pour un objectif contraignant. La nouvelle stratégie de la Commission présente des « raisons majeures » de favoriser des objectifs contraignants à l'horizon 2030 pour les renouvelables, souligne l'association de l'énergie éolienne (EWEA), dans un communiqué mettant en exergue les gains de la poursuite du développement du secteur d'ici 20 ans pourrait générer plus de 3 millions d'emplois, assurer une croissance du PIB de près de 0,4%, et permettre de faire économiser à l'UE entre 520 et 550 milliards d'euros sur sa facture d'importations combustibles fossiles.

Manque d'ambition pour les Verts. Rapporteur sur la directive « renouvelables », Claude Turmes (Verts/ALE) fustige le « manque d'ambition » du commissaire Oettinger. « Non seulement elle ignore les principaux défis auxquels doit faire face le secteur des renouvelables, mais la Commission ne parvient pas non plus à définir une stratégie durable à moyen et long terme. Or, c'est de prédictibilité dont a besoin l'industrie verte pour pouvoir continuer de créer des emplois durables », explique-t-il, plaidant pour l'exécutif européen s'inspire d'un scénario basé sur une part de 45% renouvelables dans le mix énergétique d'ici 2030. (EH)

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