Bruxelles, 06/06/2012 (Agence Europe) - L'UE s'inquiète d'une forte montée du protectionnisme dans le monde, en particulier au sein du G20, illustrée par l'introduction de 123 nouvelles restrictions des échanges depuis septembre 2011, qui porte le nombre total de mesures restrictives en place à 534.
Dans son 9ème rapport sur les mesures de restriction des échanges adoptées par les pays tiers, la Commission européenne déplore que ses partenaires du G20 n'aient pas réduit le nombre de barrières au commerce qu'ils ont installées depuis le début de la crise. Le commissaire Karel De Gucht se dit même « très préoccupé par la forte hausse récente du nombre de mesures restrictives en l'espace de quelques mois ». Une tendance qui met en exergue le non respect des engagements des économies du G20 à résister au protectionnisme.
Selon le rapport, qui répertorie les mesures prises par les 31 principaux partenaires commerciaux de l'UE, au sein du G20 (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Russie et Turquie) et en dehors (Algérie, Bélarus, Égypte, Équateur, Hong Kong, Kazakhstan, Malaisie, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Philippines, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Ukraine et Vietnam), plus de 15 nouvelles mesures ont été mises en œuvre en moyenne chaque mois entre septembre 2011 et fin avril, contre moins de 12 un an auparavant. Au total, 123 nouvelles mesures commerciales restrictives ont été mises en place au cours des huit derniers mois. En outre, le démantèlement des mesures s'est ralenti, puisqu'au sein du G20, seules 13 mesures ont été abrogées entre septembre 2011 et fin avril, contre 40 sur la même période un an auparavant. Dans l'ensemble, 17% des mesures seulement (soit 89 mesures) ont été levées jusqu'à présent ou ont expiré depuis le début de la crise en octobre 2008.
Le rapport note aussi que, malgré un poids économique croissant et un rôle grandissant, les nations émergentes demeurent celles qui ont le plus recours à des mesures restrictives, souvent dans le cadre de leurs plans d'industrialisation nationaux. La Commission souligne en outre que les restrictions à l'investissement étranger, telle que l'expropriation par l'Argentine du pétrolier espagnol Repsol de la compagnie nationale YPF, réduisent la prédictibilité de l'environnement économique et altèrent la confiance des opérateurs européens pour investir dans des pays tiers. Invitant les pays du G20 à honorer leur engagement en faveur du libre-échange, la Commission attribue une mauvaise note à la Russie, qui recourt le plus fréquemment à des mesures restrictives susceptibles d'être non conformes à ses obligations de futur membre de l'OMC. (EH)