Bruxelles, 06/06/2012 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE), qui a laissé mercredi 6 juin son principal taux directeur inchangé à 1%, va prolonger sa politique accommodante en faveur des banques en leur offrant des liquidités à taux fixe et montant illimité au moins jusqu'au 15 janvier 2013.
Lors de la réunion du Conseil des gouverneurs, la BCE a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 1%, 1,75 % et 0,25%. Son président Mario Draghi a admis que cette décision n'avait pas été prise à l'unanimité, quelques membres ayant demandé une baisse des taux d'intérêt.
Pour apporter un peu de baume aux banques européennes, la BCE a décidé de prolonger sa politique accommodante en leur faveur en leur offrant des liquidités à taux fixe et montant illimité. « Les prêts à une semaine et un mois sont prolongés jusqu'au 15 janvier 2013 pour le moment », a confirmé M. Draghi. Quant aux prêts à trois mois, qui devaient expirer fin juin, ils sont prolongés jusqu'en décembre 2012. En décembre 2011 et février 2012, la BCE a déjà injecté dans le système bancaire plus de 1000 milliards d'euros remboursables à trois ans mais l'effet bénéfique de ces opérations financières s'est estompé. Les coûts d'emprunt des pays les plus fragiles de l'Eurozone, comme l'Espagne et l'Italie, remontent à nouveau.
La croissance 2013 revue à la baisse
En matière de conjoncture économique, les risques baissiers sont à la hausse. « La croissance économique dans la zone euro reste faible avec une incertitude renforcée qui pèse sur la confiance, se traduisant par des risques baissiers accrus sur les perspectives économiques », a dit M. Draghi, continuant néanmoins à s'attendre que « la zone euro se reprenne graduellement ». Il a mis en garde contre « les tensions persistantes », par exemple la réticence des banques à accorder des crédits, et les réajustements que celles-ci opèrent dans leurs bilans. L'Institut monétaire a donc légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro l'an prochain et maintenu ses prévisions d'inflation pour 2012 et 2013, par rapport à ses précédentes prévisions en mars. Pour 2012, il table dorénavant sur une croissance annuelle moyenne du PIB située entre -0,5% et +0,3%. La croissance devrait être de retour en 2013 dans une fourchette située entre 0% et 2,0%. La BCE table sur un taux d'inflation compris entre 2,3 et 2,5% en 2012 et entre 1% et 2,2% en 2013.
Espagne. M. Draghi a évoqué la situation en Espagne, et notamment la possibilité que le futur Mécanisme européen de stabilité, qui doit entrer en vigueur en juillet 2012, soutienne directement un secteur bancaire en difficulté (voir autre nouvelle). (LC)