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Bulletin Quotidien Europe N° 10628
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) espagne

Banques, pas de demande d'aide avant les résultats de l'audit

Bruxelles, 06/06/2012 (Agence Europe) - Le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos a affirmé, mercredi 6 juin, que le gouvernement espagnol n'avait « absolument pas débattu d'une intervention dans les banques espagnoles » plombées par ses actifs immobiliers toxiques et la récession économique, rapporte le site du quotidien El País. Les autorités espagnoles attendent les résultats de l'audit bancaire confié à deux sociétés - l'Allemande Roland Berger et l'Américaine Oliver Wyman - avant de prendre une quelconque décision. Ces résultats sont attendus d'ici 10 à 15 jours.

Il faut « faire un diagnostic exact », a estimé le commissaire chargé du Marché intérieur, Michel Barnier. Pour le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn, il convient d'« identifier les fragilités, le besoin de restructurer et, si nécessaire, de recapitaliser ». Cette étape est « la condition préalable à toute discussion au niveau européen », a-t-il ajouté.

En attendant, les Européens seraient à la recherche du moyen de soutenir les banques espagnoles sans soumettre l'Espagne à un programme d'ajustement classique qu'un pays aidé doit appliquer en échange d'une aide financière internationale, affirme l'agence Reuters. Or, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES), les deux fonds de sauvetage européens, n'ont pas la capacité d'aider directement un secteur bancaire en difficulté. « Cela n'est pas possible aujourd'hui, mais cela devrait être sérieusement étudié pour l'avenir », a estimé M. Barnier. À l'issue de la réunion des gouverneurs de la BCE (voir autre nouvelle), le président de l'Institut monétaire Mario Draghi a pesé le pour et le contre: une intervention directe du MES dans les banques espagnoles permettrait une recapitalisation sans augmentation correspondante de la dette publique du pays, mais voulons-nous vraiment avoir un MES actionnaire de banques ? Si c'est le cas, le traité sur le MES doit être modifié, a-t-il considéré. La France est pour. Pas l'Allemagne, qui insiste sur la conditionnalité attachée à tout aide financière internationale.

Madrid testera, ce jeudi, sa capacité à se refinancer seule sur les marchés de la dette à moyen et long termes, deux jours après que le ministre espagnol des Entreprises Cristóbal Montoro a reconnu que la porte des marchés était fermée à l'Espagne et que le Premier ministre Mariano Rajoy a réitéré son appel en faveur d'une Union budgétaire et d'une action plus déterminée de la BCE pour aider les pays en difficulté. (MB)

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