Bruxelles, 09/05/2012 (Agence Europe) - Les mesures d'austérité imposées au Portugal dans le cadre du plan d'aide financière de 78 milliards d'euros débloqué en mai 2011 menacent sérieusement les droits des plus vulnérables, comme les personnes âgées, les enfants ou les Roms, a mis en garde jeudi 9 mai le nouveau commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks.
À l'issue d'une visite de 3 jours dans le pays, le commissaire letton a notamment pu constater que près de 20% des enfants et des personnes âgées se trouvaient en risque de pauvreté, indique un communiqué du Conseil de l'Europe, et que le chômage avait atteint 14% de la population active du pays en 2011, dont 34% chez les jeunes. Le commissaire a également observé une augmentation du nombre d'enfants quittant l'école pour rechercher un emploi et subvenir aux besoins de leurs familles. M. Muiznieks s'inquiète d'une possible recrudescence du travail des enfants, alors que de précédentes mesures avaient permis de juguler ce phénomène, poursuit le Conseil de l'Europe. Le commissaire s'est ému du sort des personnes âgées. « Les pensions ont été gelées » et « les frais d'hospitalisation et les coûts de transport en commun ont augmenté », indique-t-il, saluant toutefois les mesures d'urgence sociale décidées par le gouvernement pour atténuer les effets sociaux des mesures d'austérité.
Le commissaire a demandé au gouvernement d'adopter rapidement sa stratégie nationale pour les Roms, se disant préoccupé par le fait qu'une grande partie des Roms au Portugal continuent de souffrir de discrimination institutionnalisée, de ségrégation et de conditions de vie déplorables. Le commissaire letton s'est félicité lors de cette visite que le gouvernement n'ait pas décidé de couper les vivres à l'Ombudsman national chargé de veiller au respect des droits fondamentaux. (SP)