Bruxelles, 09/05/2012 (Agence Europe) - L'Espagne offre un cas d'exemple dont témoigne l'ambassadeur d'Algérie à Madrid: environ un millier d'Algériens sont retournés au pays au cours de ces deux dernières années, après la crise économique qui a sévèrement touché l'Espagne, selon Mohamed Hanèche, chef de la mission diplomatique algérienne cité dans les médias de son pays. La communauté algérienne, installée généralement dans les faubourgs des grandes villes de Barcelone, Alicante, Valence, Logro, Buglosse et de Madrid, compte entre 2 500 et 3 000 ressortissants. Elle a vécu « malheureusement dans une double précarité imposée par la crise économique sévère et par le niveau de formation universitaire», qui serait « très faible ». Toutefois, « une minorité a réussi socialement et a monté de petites unités de production », a souligné M. Hanèche. Cependant, la principale communauté immigrée maghrébine en Espagne demeure marocaine. Selon une étude publiée fin 2011 par la Fondation « Ciudadania y Valors » intitulée « Inmigración y globalización », les Marocains en situation régulière « qui ne représentaient, d'après les statistiques officielles, que 5817 personnes en 1985, ont vu au cours des dernières années leur nombre augmenter rapidement pour atteindre », selon l'Institut national espagnol de la statistique, 74 886 en 1995, 199 782 en 2000, 511 294 en 2005 et en 2009 le chiffre de 758 900. « L'effectif des Marocains a ainsi augmenté plus de 130 fois en l'espace de 24 ans, il a décuplé durant les 15 dernières années. Les Marocains ne sont devancés que par les Roumains (793 205) sur une population étrangère atteignant en juin 2010 près de 4 744 000 migrants ». L'étude affirme qu'un des phénomènes les plus marquants de ces dernières années en matière de migration des Marocains vers l'étranger est certainement la nouvelle orientation géographique des flux vers de nouveaux pôles d'attraction, en l'occurrence l'Espagne et dans une moindre mesure l'Italie. (FB)