Bruxelles, 15/03/2012 (Agence Europe) - Comment sortir de la menace de récession qui accompagne souvent la politique d'austérité ? Pour la Commission européenne , le mantra - pas si nouveau, encore faut-il l'appliquer - s'appelle compétitivité. Elle l'a encore réitéré, mercredi 14 mars, en répondant aux questions des eurodéputés sur les thèmes suivants: austérité et croissance, le marché intérieur, la libre circulation, les transports.
Austérité et croissance. Comment concilier ces deux notions ? Quel peut être le rôle des investissements sociaux dans la recherche de cet équilibre ? Certains pays mènent cet exercice « avec beaucoup de courage », a constaté le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier. Il est cependant convaincu que le moment est venu de soutenir ces efforts par une « véritable initiative de croissance européenne », prévoyant des mesures immédiates et des mesures à moyen terme, susceptibles de favoriser la création d'emplois. M. Barnier cite les « project bonds » comme des instruments susceptibles de concilier ces deux exigences et il invite à « avoir le courage de mutualiser des emprunts d'avenir dont ont besoin les entreprises ». Le commissaire aux Transports Siim Kallas est d'accord aux M. Barnier. Force est de constater les réticences de certains pays membres, a-t-il nuancé.
Le grand marché. Michel Barnier confirme: « La plateforme de base de l'économie de croissance est clairement le grand marché ». Mais, pour que le maché unique fonctionne vraiment, les entreprises et les utilisateurs doivent pouvoir mieux communiquer et pouvoir compter sur des infrastructures financières qui soient réellement au service de l'économie réelle. En évoquant le rôle des assurances, des fonds des pensions et des banques, M. Barnier a précisé: « Ce qui a cassé la croissance depuis quatre ans, c'est l'absence de règles et de transparence… Nous sommes en train de les rétablir ». Et de conclure: les PME et les consommateurs doivent être « réconciliés avec le marché unique » dans le cadre d'un « écosystème » plus sensible à leurs intérêts, et le marché unique doit être « un espace d'opportunité et non pas un espace de contrainte ».
La libre circulation. La libre circulation est un facteur de compétitivité, mais cette liberté peut avoir des effets négatifs pour certains États membres, notamment en termes de fuite des cerveaux. Il faut donc assurer un certain équilibre, a déclaré le Commissaire à l'Emploi Laszlo Andor, en citant la facilitation au retour des travailleurs dans leur pays d'origine.
Les transports. L'amélioration des infrastructures de transport, surtout dans les 'nouveaux pays' membres, est à la fois un défi et une chance, pour M. Kallas. Mais le caractère transfrontalier de cet effort doit être maintenu et les efforts devront être éventuellement complétés par des contributions nationales et du financement privé. La semaine prochaine, la Commission s'opposera lors du Conseil Transport à toute « dilution » de ces projets.
Cas particuliers. La situation particulière de certains pays, notamment en Grèce, exige un effort particulier. Laszlo Andor a évoqué l'effort mené par la 'task force' de la Commission afin de faciliter le retour à la compétitivité dans ce pays, en reconnaissant l'importance des sacrifices que cela représente pour les Grecs. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, a confirmé M. Barnier, pour qui « la Grèce possède de vrais atouts »: son tourisme, son économie maritime, sa capacité agricole. Si le marché intérieur fonctionne bien, ce pays devrait pouvoir y trouver les bases de sa relance, a-t-il considéré.
M. Andor a évoqué le cas du Pays basque espagnol. Dans cette région, le chômage atteint la moitié du chômage observé en Espagne, a-t-il constaté. Et de noter le lien étroit établi entre la formation professionnelle et les besoins en main d'œuvre. (LG)