Bruxelles, 15/03/2012 (Agence Europe) - Tandis que l'UE, les États-Unis et le Japon ont déposé une plainte conjointe à l'OMC contre ses restrictions sur les exportations de terres rares, la Chine continue de se retrancher, pour sa défense, derrière des considérations environnementales.
Les restrictions de la Chine à l'exportation de ses terres rares sont justifiées et conformes aux règles de l'OMC, a indiqué à la presse un porte-parole du ministère chinois du Commerce, jeudi 15 mars. « Cette politique vise à protéger les ressources et l'environnement afin d'assurer un développement durable. La Chine n'a pas l'intention de restreindre le commerce libre ou de protéger les industries chinoises par une altération de son commerce », a expliqué Shen Danyang, cité par la presse chinoise. Face à la pression croissante exercée sur les ressources et l'environnement, Beijing a restreint ces dernières années le développement des industries polluantes et gourmandes en énergie et en ressources, ce qui a concouru non seulement à la promotion du développement scientifique du pays, mais aussi à la croissance mondiale durable, a plaidé M. Shen.
L'UE a formellement porté devant l'OMC, aux côtés des États-Unis et du Japon, mardi 13 mars, son différend avec la Chine sur l'exportation de terres rares, de tungstène et de molybdène. Sont dénoncés dans la plainte trois types de mesures restrictives (droits à l'exportation, contingents à l'exportation et système de prix minimum à l'exportation). « La Chine traitera de manière appropriée la demande de résolution du différend conformément aux règles de l'OMC », a promis M. Shen jeudi.
La Chine est le premier producteur mondial de terres rares, 17 minéraux aux propriétés chimiques et électromagnétiques comme le cérium, le lithium ou l'indium, indispensables pour fabriquer les batteries des voitures électriques, les turbines des éoliennes et les panneaux solaires ou encore les téléphones portables et les écrans plats. La volonté de Beijing de contrôler ses exportations de terres rares soulève depuis l'automne 2010 une vague de contestation des pays industrialisés, alors que 97% de la production de ces métaux provient de Chine, qui ne dispose pourtant que de 35% des ressources mondiales. La Chine est aussi le premier producteur au monde, et de loin (91%) de tungstène, comme de molybdène (36%).
Suivie par les États-Unis et le Mexique (DS 395 et DS 398), l'UE avait déjà déposé en 2009 à l'OMC une première plainte sur les restrictions de la Chine aux exportations de matières premières (bauxite, coke, spath fluor, carbure de silicium, magnésium, manganèse, silicium métal, phosphore et zinc). L'OMC les avait condamnées en juillet 2011, les jugeant incompatibles avec ses règles. Un verdict confirmé fin janvier dernier par l'organe d'appel de l'OMC, les restrictions chinoises ne se justifiant pas, à ses yeux, par des raisons de protection de l'environnement ou de politique de conservation invoquées par Beijing. (EH)