Bruxelles, 15/03/2012 (Agence Europe) - L'économie et la mise en œuvre du programme d'aide FMI/UE, l'amélioration de l'utilisation des fonds structurels ainsi que l'avenir du mécanisme de coopération et de vérification (CVM) ont été au menu de la rencontre jeudi 15 mars à Bruxelles entre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le nouveau Premier ministre roumain, Mihai-Razvan Ungureanu.
Successeur d'Emil Boc, M. Ungureanu a voulu rassurer sur l'engagement de son pays à respecter les termes de l'aide fournie depuis 2009 à son pays par le FMI et l'UE. Bucarest avait d'abord obtenu 20 milliards d'euros pour la période 2009-2011 puis à nouveau 5 milliards d'euros mais au prix d'une sévère cure d'austérité. Jeudi, M. Barroso s'est félicité que le nouveau Premier ministre roumain se soit engagé à remplir tous les objectifs budgétaires fixés pour 2012 et a estimé que le programme d'assistance était « sur la bonne voie ». Il a appelé la Roumanie à consolider ses réformes dans certains secteurs (énergie, soins de santé, entreprises publiques).
M. Barroso a demandé à son homologue de travailler à réserver des lignes budgétaires pour combattre le chômage des jeunes et réduire aussi le décrochage scolaire. Sur les fonds structurels, M. Ungureanu demande à la Commission une aide pratique pour aider le pays à mieux absorber les fonds structurels, son taux d'absorption n'étant que de 7,4% actuellement.
Quant au mécanisme CVM, particulièrement sensible pour la Roumanie puisque les États membres de l'espace Schengen l'utilisent pour conditionner l'entrée de Bucarest dans la zone, M. Barroso a rappelé son refus de voir « tout lien » établi entre les deux processus, estimant qu'il était « juste » aujourd'hui d'intégrer la Roumanie dans l'espace de libre circulation. Le Premier ministre, qui est aussi venu plaider à Bruxelles la fin du mécanisme CVM, s'est dit en tout cas « confiant » que tous les arguments seraient apportés à la Commission d'ici au mois de juillet pour qu'elle lève éventuellement sa surveillance. La Roumanie, comme la Bulgarie, fait l'objet depuis 2007 d'un 'monitoring' étroit de la part de la Commission en ce qui concerne son système judiciaire et sa lutte contre la corruption. La Commission doit dresser en juillet un bilan de ces 5 années de CVM. Le président Barroso a jugé prématuré de dire si la Commission suspendrait ou non son mécanisme pour les deux pays, rappelant que cette décision se baserait sur une analyse objective des efforts réalisés sur le terrain et sur la certitude que tous les progrès enregistrés par Bucarest seraient « durables et irréversibles ». (SP)