Bruxelles, 15/03/2012 (Agence Europe) - En visite à Lisbonne, le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a estimé que la mise en œuvre du programme portugais progresse à « bon rythme » même si de nombreux « défis » demeurent notamment en termes de réformes structurelles. « La mise en œuvre du programme progresse à bon rythme ... mais des défis demeurent, aussi bien sur le plan interne qu'externe », a-t-il affirmé jeudi 15 mars devant les députés portugais, rapporte l'agence AFP.
Selon le commissaire, la situation macroéconomique reste difficile dans le pays. Sur la bonne voie, l'ajustement budgétaire n'est pas totalement accompli, tandis que les entreprises et les ménages peinent à obtenir des crédits. Véritable « pierre angulaire » du programme portugais, les réformes structurelles doivent se poursuivre, a-t-il souligné. Signe que la flexibilisation du marché du travail au Portugal se heurte à des résistances, le principal syndicat portugais, la confédération CGTP, appelle à une grève générale le 22 mars.
L'économie portugaise s'est contractée en 2011 de 1,6%. En 2012, la récession devrait toucher le pays encore plus fortement, avec une réduction du PIB de 3,3%. Lisbonne doit ramener son déficit public à 4,5% cette année et sous la barre des 3% en 2013. Fin février, la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) avait estimé que la mise en œuvre du programme portugais était sur les rails, ouvrant ainsi la voie au versement d'une nouvelle tranche d'aide de près de 15 milliards d'euros (EUROPE n°10563).
La veille, M. Rehn avait souhaité établir une claire distinction entre la situation budgétaire et macro-économique au Portugal et en Grèce, deux pays de la zone euro faisant l'objet d'une aide financière internationale. « Le cas du Portugal est très différent du cas de la Grèce pour plusieurs raisons. D'abord, le poids de la dette n'a pas du tout la même ampleur. Deuxièmement, depuis le début, il y a un soutien politique fort et large au programme », avait-il déclaré après avoir rencontré le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho, selon l'agence Reuters. En 2011, la dette portugaise a atteint 100% du PIB national alors qu'en Grèce elle dépasse 160% du PIB. La restructuration partielle en cours de la dette grecque devrait permettre de ramener celle-ci à un niveau plus soutenable autour de 120% du PIB grec. (MB)