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Bulletin Quotidien Europe N° 10575
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

'task force' européenne, résultats embryonnaires et défis énormes

Bruxelles, 15/03/2012 (Agence Europe) - Les travaux de la 'task force' européenne pour la Grèce commencent à porter leurs fruits même si la tâche menant à une réforme en profondeur de l'économie grecque demeure herculéenne. Une absorption accrue des fonds structurels et une collecte d'arriérés fiscaux plus importante que prévu en 2011 - 946 millions d'euros contre 400 millions escomptés - figurent parmi les résultats positifs listés dans le 2ème rapport trimestriel de la 'task force' publié jeudi 15 mars. La Commission européenne présentera, en avril, une stratégie européenne pour la croissance en Grèce, conformément à ce qu'a annoncé son président José Manuel Barroso cette semaine au Parlement européen. Elle publie, ce vendredi, le rapport de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) sur la soutenabilité de la dette grecque.

Le premier résultat « concret et positif » de la mission de la 'task force' est le suivant: les fonds structurels destinés à la Grèce sont « mieux ciblés » et la mise en œuvre concrète des projets cofinancés enregistre de réels progrès, a estimé le chef de la 'task force', l'Allemand Horst Reichenbach. En Grèce, l'absorption des fonds européens atteint désormais 35%, un niveau supérieur à la moyenne européenne (33,5%). Sur les 20 milliards d'euros de fonds structurels disponibles pour la période 2007-2013, 8 milliards ont déjà été payés. La 'task force' a aidé les Grecs à reprogrammer l'allocation des fonds grâce à l'identification de plus de 100 projets prioritaires. Pour M. Reichenbach, l'important désormais, c'est « la mise en œuvre » et le suivi « minutieux » des actions sur le terrain. Il a aussi évoqué les fonds disponibles pour le financement de l'activité des petites et moyennes entreprises, tels que les 300 millions d'euros du Fonds 'Jérémie' impliquant la BEI.

Le vice-président de la BERD a présenté d'autres résultats encourageants en matière de réformes structurelles en Grèce. Les autorités grecques, qui demeurent à la barre dans le pilotage des réformes, bénéficient d'une « assistance sans précédent » de la part de 16 États membres, de la Commission, du FMI, de l'OCDE. La France et l'Allemagne sont notamment impliquées dans une réforme d'envergure de l'administration locale. Sur le plan fiscal, M. Reichenbach a indiqué que l'amélioration du système grec de collecte des impôts a permis en 2011 de récupérer « 946 millions d'euros », plus du double de l'objectif fixé, et le nombre de procès juridiques à connotation fiscale a été réduit de « 15% ».

« Beaucoup reste à faire » pour moderniser l'administration grecque, a reconnu M. Reichenbach, pour qui il existe un potentiel « énorme » de réduction du fardeau administratif. Il a par exemple comparé les « 20 jours » que durent les contrôles à l'exportation en Grèce, avec la moyenne européenne de 10 jours. La 'task force' est impliquée dans la modernisation du système de santé avec pour objectif une réduction des prix. Des projets sont aussi en préparation, notamment dans le domaine judiciaire. Et une réflexion est en cours en vue d'introduire une évaluation de la performance des fonctionnaires grecs comme c'est le cas dans plusieurs États membres, a souligné le chef de la 'task force'.

45 personnes travaillent à plein temps au sein de la 'task force' pour la Grèce, 15 d'entre elles étant localisées en permanence à Athènes. Des experts nationaux (2 Allemands, 2 Britanniques, 2 Français, 2 Néerlandais, 1 Belge et 1 Tchèque) complètent l'équipe. Le 2ème programme grec prévoit un renforcement de l'assistance technique et du suivi sur le terrain de la mise en œuvre des réformes (EUROPE n°10558). Une décision de la Commission est attendue prochainement sur la manière de mener à bien cette nouvelle mission. M. Reichenbach s'est félicité de l'accord politique sur le 2ème sauvetage financier d'Athènes (130 milliards d'euros d'aide publique et une participation du secteur privé supérieure à 100 milliards) qui élimine « une partie de l'incertitude » relative à la situation budgétaire et macro-économique en Grèce. Il a insisté sur l'importance pour les autorités grecques de s'approprier le pilotage des réformes. (MB)

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