Bruxelles, 17/02/2012 (Agence Europe) - Le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte devrait décliner l'invitation qui lui a été lancée le 16 février par le groupe PPE du Parlement européen de venir s'expliquer sur l'initiative de son allié le PVV de Geert Wilders appelant les Néerlandais à dénoncer sur une hotline les ressortissants des nouveaux pays membres. Mark Rutte, sans doute retenu ce jour-là par « d'autres engagements », dit un porte-parole néerlandais, devrait plutôt aborder le sujet lors de rencontres bilatérales avec les députés et chefs des groupes politiques le 1er mars, en marge du Sommet européen, notamment l'Allemand Martin Schulz, avec lequel un rendez-vous a déjà été fixé.
Le PE a décidé jeudi d'inscrire un débat sur le sujet à la plénière du 13 mars mais pas seulement sur l'initiative du PVV, précise un porte-parole de l'institution. Ce débat portera d'une manière générale sur « toutes les initiatives de ce genre existant dans l'UE », dit Jaume Duch, même si le PVV y tiendra évidemment « une grande place ». Ces derniers jours, plusieurs membres de la Ligue du Nord italienne s'étaient par exemple dits favorables à la mise en place en Italie d'une initiative similaire.
La conférence des présidents des groupes politiques du PE décidera aussi quelques jours avant ce débat s'il convient ou non de mener une action spécifique, comme l'adoption d'une résolution, poursuit Jaume Duch, qui tient cependant à préciser qu'aucune « invitation officielle » n'a été lancée jeudi à M. Mark Rutte lors de la conférence des présidents, cette idée ayant été émise par le PPE. Un porte-parole du groupe indiquait d'ailleurs qu'un ministre du gouvernement Rutte pourrait être envoyé à Strasbourg le 13 mars à la place du Premier ministre. Mais ministre ou pas ministre, l'essentiel reste « d'avoir ce débat », dit Antoine Ripoll.
En attendant, deux eurodéputés du PPE, roumain et polonais, ont de leur côté appelé vendredi dans une lettre les citoyens des pays membres visés par le PVV à boycotter les produits néerlandais, entre bières Heineken et Amstel, produits cosmétiques Dove ou les stations Shell et la liste des produits est « ouverte », écrivent Sebastian Valentin Bodu et Jacek Saryusz -Wolski. L'initiative, qui se veut une réponse au PVV, a été soutenue par d'autres députés comme Mario Mauro ou Elmar Brok, dit une source du PE. « Quand la diplomatie échoue, les citoyens ont le droit d'intervenir directement et par des moyens démocratiques, comme le droit de choisir ses produits », écrivent les deux élus. Cette lettre ne reflète en tout cas pas la position officielle du PPE, dit une autre source proche du président Daul, qui n'était pas au courant et juge l'initiative peut-être un peu « exagérée »… (SP)