Bruxelles, 17/02/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne, qui dévoilera sous peu son mécanisme pour la réciprocité de l'ouverture des marchés publics des pays tiers, est de plus en plus pressante à l'égard de la Chine. Au lendemain du sommet UE/Chine, le commissaire De Gucht s'est montré déterminé à obtenir l'ouverture de la commande publique chinoise, un marché de 1 000 milliards de dollars par an.
En déplacement le 16 février à Hong-Kong au lendemain d'un sommet UE/Chine où la question des différends commerciaux fut largement éclipsée par celle du soutien du géant asiatique au règlement de la crise de la dette de la zone euro, Karel De Gucht a rappelé à Beijing les grandes attentes européennes en matière d'ouverture, en particulier de marchés publics, qui représentent 17% de l'économie mondiale. « Dans de nombreux pays, ce marché est partiellement ouvert à la concurrence étrangère. Par exemple, 5% seulement des marchés publics dans le secteur du métro sont ouverts à la concurrence dans les 12 principaux partenaires commerciaux de l'UE », a rappelé le commissaire, précisant que « aucun autre de ses partenaires n'est aussi ouvert qu'elle en matière de marchés publics ». La commande publique atteint 25% du PIB de l'UE, et représente 31 millions d'emplois. En outre, l'accord révisé sur les marchés publics à l'OMC (GPA), conclu en décembre dernier, qui prévoit une ouverture accrue de certains marchés publics européens, est une « opportunité immense » pour les entreprises chinoises, dans les secteurs du rail et de la construction. En retour, « lorsqu'ils sont en concurrence pour gagner un marché à l'étranger, les exportateurs européens font face à des barrières que j'ai du mal à expliquer », a poursuivi M. De Gucht. Si la Chine « n'est certainement pas le seul pays où il ya des problèmes, elle est un pays où les problèmes en la matière sont certains », a-t-il insisté, déplorant que les entreprises de l'UE n'aient accès qu'à « une petite fraction seulement » d'un marché de 830 milliards d'euros (7 000 milliards de yuans). Une récente étude de la chambre de commerce de l'UE en Chine met notamment en exergue des problèmes en matière d'accès à l'information sur les appels d'offres, une mise en œuvre inéquitable des appels d'offres et des mécanismes d'appel insuffisants, a expliqué le commissaire, regrettant en outre qu'en matière d'infrastructures, composante clé des marchés publics, « les nouveaux projets en Chine sont souvent portés par des entreprises d'État et ne sont donc pas, par définition, ouverts à la concurrence ». Aussi M. De Gucht a-t-il averti qu'« en réponse à ce type de déséquilibre, la Commission finalise un nouvel instrument pour stimuler l'ouverture de la commande publique à travers le monde ». Le projet doit être dévoilé en mars. (EH)